Yulop[rig.], Yurop[nul.], l’Europe!

En tant que volapükiste intégré, nous nous devons de sauter sur notre chaise et de crier « l’Europe l’Europe l’Europe ». Voici donc une bien mignonne carte de l’Europe —à offrir aux mânes du Général de Gaulle— une occasion pour nous d’explorer un peu les noms des pays de notre continent.

El Général de Gaulle i benosevado esagom badöfi tefü slopans Yuropas: eleigodom onis tä kapars, kels spranülons su stul okik e vokons “Yurop! Yurop! Yurop!”

[i:aussi,également, benosavedo:c’est bien connu, badöf:une pique, slop:soutien, leigön:comparer, kapar:chèvre, spranülön: sauter, stul:chaise]

Klu vilob legivön ele Général kaedi at, kel magon no Fransän, no Deutän, no Litaliyän, ab Yurop, län pobumöl, kiö volapük panülimüköl obinon pospiköl!

[klu:c’est pourquoi vilön:vouloir legivön:offrir, kaedi:carte, magön:illustrer, län:pays, bumön:construire, kiöpo:où, nülimükön:intégrer, spikön:parler]

yurop

(Petuvöl is: http://i.imgur.com/AU1YQMF.jpg)

Glidis, et tous mes respects au Général.


 

Nu, lanäl paperon nemödiko. E el Général ni reidom ni lilom plu: Tikob, timül at binon nedöfik ad pükön verati: No lärnolös medü kaed at! Lafik nemas länas nedon menodami!

[Nu:maintenant, lanäl:enthousiasme, per:se perdre, reidön:lire, lilön:écouter, tikön:penser, timül:moment, nedöfik:adequat, verat:vérité, lärnön:apprendre, medü:au moyen de, nem:nom, laf:moitié, län:pays, nedön:nécessiter, menodam:correction]

Segun Vükiped, Läns in Yurop binons [segun:selon, ce mot ressemble à quelque chose de sensé, je le préfère donc à ma, qui veut dire la même chose. Les deux sont attestés déjà en volapük rigik]:

Belarusän | Belgän | Bosnän e Härzegovän | Bulgarän | Danän | Deutän | Fransän | Grikän | Jveizän | Kroasän | Lalbanän | Landorän | Latviyän | Lestiyän | Lietuvän | Ligtänstän | Lireyän | Lisladeän | Litaliyän | Lukrayän | Luxämburgän | Lösterän | Macarän | Makedoniyän | Malteän | Moldavän | Monakän | Montenegrän | Nedän | Norgän | Polän | Portugän | Regän Pebalöl | Rumän | Rusän | Sanmarinän | Sipreän | Slovakiyän | Sloveniyän | Spanyän | Suomiyän | Svedän | Särbän | Tsyegän | Vatikän

Klu binos nu fasilik lisedön pökis. Ab vilob, das lised at binon frutik, so steifülob patedavön, sed te fransänapüko (pardolös!).

[fasilik:facile, lisedön:lister, pök:erreur, frutik:utile, so:donc,aussi steifülön:essayer, pated:type,catégorie, –av:science, patedavön:catégoriser]

Je compte 24 erreurs sur la carte, plus exactement: 24 noms de pays sont mal orthographiés. Risquons-nous à une petite typologie, mais prévenons tout de suite tout malentendu: Certains de ces 24 noms erronés pêchent à plus d’un titre, le total des catégories sera donc supérieur à 24.

En premier lieu, le volapük n’aime pas les noms commençant par une voyelle. Il convient d’ajouter un L initial:

Andorän->Landorän,
Albanän->Lalbanän,
Estonän->Lestiyän,
Latvyän->Latviyän,
Irelän->Lireyän,
Österän->Lösterän,
Italyän->Litaliyän,
Ukrainän->Lukrayän

Ensuite, mais ce n’est qu’une observation de novice, il semble que le volapük préfère –iyän à –yän. Ou plutôt: Admettant que –än est le suffixe indiquant que l’on parle ici du pays dont la racine a été suffixée par –än, le volapük préfère les racines qui se terminent en consonne+iy à celle qui se termine en consonne+y. Le y en effet, en volapük, a un statut de consonne à part entière, or choisir des racines se terminant par plusieurs consonnes, c’est pas beau. La racine a bien entendu le droit de se terminer avec un y, on n’est pas des monstres, mais il faut une voyelle avant. Un i par exemple. On peut donc corriger:

Italyän->Litaliyän,
Latvyän->Latviyän,
Slovenyän->Sloveniyän

Viennent ensuite les noms que le cartographe a traduit en les calquant sur l’allemand, ou sur une autre langue germanique, ou sur une langue qui partage les mêmes constructions. Il semble que le volapük ne tienne pas absolument à maintenir ces étymologie. Nous nous devons cependant d’expliciter ces constructions, mêmes fautives, après tout, il y a du vocabulaire à pêcher:

Gladän->Lisladeän: Construit sur glad:glace, comme l’anglais Ice-land,
Leitastonän->Ligtänstän: Construit sur leit:légèreté, et ston:pierre. Pour ma part j’aurais choisi plutôt de traduire Lichten-Stein par Lita-ston-än en utilisant lit:lumière.
Blägabelän->Montenegrän: C’est un calque de l’italien, ici. Bläg:noir, negro et Bel:montagne, monte.

Bon, il ne nous reste plus que la catégorie fourre-tout, dont chaque élément constitue un cas particulier. Bavard impénitent, commentons:

Danmarkän->Danän: mark est la marche, territoire à la marge de l’empire et régi par un marquis ou un margrave (transparent pour les germanophones: comte de la marche). Mark indique déjà qu’il s’agit d’un territoire, cela ferait double emploi avec le -än obligatoire pour les noms de pays. Simplifions!

Cehän->Tsyegän: Ouais ben alors là le p’tit novice que je suis il est furax, parce qu’on accumule trois consonne en tête de la racine officielle. Le cartographe offre quelque chose de plausible, l’espéranto a Ĉeĥio, par exemple. Bon, si on veut vraiment le prononcer Tsyegän, dans ce cas, utilisons le Z. Allez, je l’officialise et le met en gras: Zyegän. Et voilà, ekö! Une remarque parfaitement déplacée en passant: Je présume que ceux qui veulent Tsyegän en volapük sont les mêmes que ceux qui se mêlent d’insister pour que les Allemands, qui disent die Türkei et die Slowakei sans que cela ne dérange personne, disent die Tschechische Republik, parce que die Tschechei est senti (par certaines cervelles slaves) comme dérogatoire.

Kiprän->Sipreän: Le cartographe est un hypercorrect. Beaucoup de Ki- et de Ke- du proto-indo-européen sont devenus des Ci- et Ce- en latin, originellement prononcés Ki- et Ke- et depuis prononcés autrement dans les langues latines (dont Si- et Se- en français). Bon, maintenant avec Chypre, on a des difficultés supplémentaires: l’original est Kupros (j’utilise le u français pour translittérer le i grec), avec Ku, qui n’a aucune raison d’évoluer vers une prononciation Su-. Mais Kupros est un nom grec, et le grec prononce depuis longtemps le u comme un i (grec). Il s’est donc trouvé assez de barbares pour déplosiver le K et le transformer en chuintante ou sifflante. Sahipreusse, disent les anglais, Tsiperne pour les allemands, Chypre pour nous, alors bon, exit le K.

Magyarän->Macarän: La Hongrie. Le cartographe adopte une graphie que j’imagine lisible par les hongrois, vükiped choisit une prononciation que j’imagine reconnaissable par les hongrois. Un pour le volapük, zéro pour l’espéranto Hungario.

Luxämburgän->Luxemburgän: Voilà le revers du cas précédent, le cartographe suit la prononciation, vükiped suit la graphie. Vous croyez que les germanophones disent plutôt Louksémebourg (naméouksékonva!?) ou Louksêmebourg? Ben le p’tit nouveau se dit aussi que Luxämburgän serait plus seyant. Luxemburgän est une concession inutile faite à un hypothétique primat de la graphie sur la pronociation.

Makedonän->Makedoniyän: Ce nom a sérieusement embêté les grecs, qui insistent que leur nouveaux voisins ne peuvent pas prendre pour nom celui d’une de leur province et transformer ainsi Alexandre de Macédoine en barbare d’au-delà des montagnes. Il est important de noter sur ce monsieur qu’aussi bien les grecs que les macédoniens et les bulgares le revendiquent comme héros national; nous ne saurions donc assez encourager nos lecteurs à la plus grande prudence lorsqu’il veulent en discuter avec des partenaires non exclusivement grecs, ou macédoniens ou bulgares. On vous aura prévenu.

Il nous reste des détails cosmétiques:

Suomän->Suomiyän,
Maltesän->Malteän,
Vatikanän->Vatikän,
Bosnän->Bosnän e Härzegovän,
Romanän->Rumän,
Moldovän->Moldavän,
Slovakän->Slovakiyän

Nous avons réservé le meilleur pour la fin, un cas qui aurait fait plaisir au Général et mériterait presque un billet à lui tout seul: nos amis d’Outre-Manche.

Ceux dont nous parlons généralement comme des anglais, des gens d’Angleterre (Linglän) ont pour voisins des conationaux habitant d’autres territoires situés sur l’île de Grande Bretagne, nom traduit en Greta Britän par le cartographe (terme connu de Vükiped). Mais attention! Le pays souverain insiste sur le fait qu’il est un Royaume-Uni, Regän Pebalön, une dénomination qui en fait une entité déterritorialisée, sans aucune attache géographique. Mais si l’on se souvient que géo se réfère, étymologiquement, à la terre, et que l’état en question, lui, se voit comme une puissance maritime, abandonner une attache géographique est sans réelle importance: Ce n’est pas un sacrifice, c’est au contraire l’affirmation d’une raison d’être!

Celles et ceux qui désirent mémoriser les noms des pays d’Europe en les visualisant sur une carte sont donc priés d’aller voir chez vükiped.

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Toki pona medü volapük tö Memrise

Un cours de toki pona en volapük est disponible sur Memrise! Les volapükistes du monde entier peuvent désormais apprendre les mots élémentaires du toki pona dans leur langue préférée.

O volapükaflens valöpo,

ai evilols-li lärnön püki eli toki pona, ab ekanols-li tuvön te tidis linglänapükik? I ob eviobs demü stad mikömik at.  Ab sis anu, kanoy lernön eli toki pona medü tid nulik, kel gebon püki fasilik, püki gönik olsik, sevabo volapüki!

Klu sägükolsös drenis olsik e visitolsös:

http://www.memrise.com/course/980949/toki-pona-vods-balik-pro-volapukapukans/

dat fino ed ols pükols püki guda, eli toki pona!

Glidis / toki!

Vocabulaire
flens amis
valöpo partout
ai toujours
vilön vouloir
lärnön apprendre
eli introduit un mot étranger à l’accusatif
kanön pouvoir
tuvön trouver
te seulement
tid leçon
linglänapükik en langue anglaise
I aussi, de même
viön demü s’apitoyer sur
stad situation
mikömik déplorable
at cette
ab mais
sis depuis
anu maintenant
kanoy on peut
medü au moyen de
tid nulik
kel qui
gebön utiliser
fasilik facile
gönik favorite
sevabo à savoir
klu donc
sägükön sécher
dren larme
visitön visiter
dat afin que
fino finalement
et ols vous aussi
pük guda la langue du bien

Volapük sur Memrise

Memrise est un site populaire de question-réponse, à visée pédagogique. Cela marche comme les bristols : On met le thème d’un côté, la version de l’autre, et on passe en revue le vocabulaire à mémoriser. Fils des temps ludiques, Memrise est plus coloré et plus varié, puisque pour chaque paire (version/thème), les exercices peuvent être (je pense que c’est au hasard) soit du type « choisis en un parmis ceux-là », soit « remet les étiquettes dans l’ordre », voire même, si, si, il faut bien apprendre, « mon bonhomme, prend ton clavier et entre la bonne réponse en toutes lettres ».

On y trouve quelques séries sur le volapük:

memrise

Bon, tous sont en anglais. On travaille donc son anglais et son volapük en même temps… L’inconvénient dans l’affaire c’est que, par exemple pour les animaux en volapük, il est probable que nombre des Yes I speak english parmi nous n’auront jamais rencontré la moitié des mots demandés. Oui, il y a le mâle, la femelle, les petits, et croyez-moi, l’anglais est aussi riche que le français sur ces questions-là. Donc c’est comme pour les offres d’emploi : Excellente maîtrise de l’anglais exigée.

Le Basic Volapük a l’air bien appétissant pour commencer mais il est truffé d’erreurs. On en vient à entrer exprès les mauvaises réponses que l’on sait attendues juste pour contenter le programme. Pas vraiment recommandable. Par ailleurs, il reprend les phrases d’un cours de grammaire : Autant le principe de Memrise est idéal pour le vocabulaire autant pour la grammaire, j’ai mes réserves.

J’ai par contre pris beaucoup de plaisir avec le Volapük Vocabulary. Il a le défaut de penser qu’il constitue un cours de ladino en anglais, mais il propose une liste de prépositions tout à fait conséquente, ce qui aide beaucoup le novice comme moi, car l’étymologie des prépositions du volapük se laissent difficilement deviner.

Le Volapük Vifik n’est pas mal non plus, et sait parfaitement qu’il est un cours de volapük. Sans doute le meilleurs cours disponible sur Memrise. Cela dit, il est lui aussi constitué autour d’un cours de grammaire, et il arrive qu’il demande à l’utilisateur de restituer des phrases entières dont le vocabulaire ne sera donné que dans une leçon ultérieure.

Je n’ai pas essayé les autres, qui portent sur des domaines plus restreints.

Idée pour la suite : Mettre sur Memrise les exercices en français ou en espéranto que j’aurais aimé y trouver!

Glidis !

Les sept merveilles du monde – volamilags vel

volamilagsVel

La Volapükatid de Colling reproduit l’extrait ci-dessus, tiré de la Volapükabled. Comme le texte m’a coûté quelques efforts à déchiffrer j’ai pensé utile de l’expliciter.

Vol: le monde, milag: le miracle, ici la merveille, et comme vola est un génitif, et que milags porte un s du pluriel: les merveilles du monde. Les nombres sont comme des adjectifs et viennent en général après le mot qu’ils complètent; ici vel: sept, donc: Les sept merveilles du monde. Voilà pour le titre. Le chapeau maintenant.

Al milagis vola bäledik numon atis vel

Al est la préposition qui souvent, introduit ce qu’on mettrait au datif. Souvent al:au, en français. Ici, la construction est al+accusatif de mouvement, donc: à mettre parmi, ou quelque chose de ce genre. Milagis vola, ont été vus plus haut. Le mot suivant est bäledik, je sais, on ne reconnaît pas bien les lettres à tréma sur la photo, parce que Colling n’utilise pas les ä, ö, ü normales mais les lettres spéciales inventées par Schleyer. Ça veut dire: ancien, antique. Ici, cet adjectif (-ik) complète vola, du monde. Donc: du monde antique. Numon: L’infinitif est numön, le verbe est ici à la 3ème personne, et je pense qu’il faut comprendre en l’espèce: on dénombre. Le volapük rénové aurait mis numoy pour rendre le on français. Atis: At+i+s, soit: ce démonstratif+accusatif+pluriel. Et vel=7 comme vu plus haut. En collant les bouts: à mettre parmi les merveilles du monde antique on dénombre ces sept. Ou en polissant un peu: On portera au nombre des merveilles de l’Antiquité les sept que voici. Et comme on porte quelque chose, les éléments de la liste sont à l’accusatif, avec un i pour chacun.

1. piris ägüpänik: Les pyramides (pir) égyptiennes (c’est un vrai adjectif, si l’auteur avait voulu dire d’Égypte il aurait mis Ägüpäna). Comme Ägüpän commence par une voyelle, ce nom a été régularisé par de Jong sous la forme: Lägüptän.

2. gadis lagöl Babülon’a: L’apostrophe bizarre est là je pense pour rendre clair le fait que le a de Babülon’a est un génitif, et que l’on n’a pas affaire à un nom propre Babülona. Gads: sont les jardins, comme l’anglais garden mais sans horrible r. Pour dire suspendus, participe du verbe suspendre, nous avons besoin de connaître la traduction de ce verbe. En anglais ou en allemand suspendre se dit to hang, ou hängen. Avec un fâcheux h initial, qui compte pour du beurre, ce qui nous donnerait un mot commençant par une voyelle, fâcheux aussi: On colle donc un l initial. Cela pourrait donner *langön. Mais le *ng ne fait pas partie de la liste de sons approuvés du volapük, alors on s’en débarrasse aussi en ne gardant que le g. Le verbe suspendre est lagön. Son participe est lagöl. Et pourquoi les jardins suspendus ne sont pas gads lagöls? Parce que le participe se comporte comme un adjectif, ici il suit immédiatement le substantif auquel il se rattache, il n’est donc pas nécessaire de répéter ni le cas ni le nombre. Gads lagöl suffit. Donc: Les jardins suspendus de Babylone.

3. Dianatemi in Efesus: Diana est le génitif de Dian, en français Diane ou Artémis, déesse de la chasse. Tem est le temple. On a donc le temple de Diane à Éphèse.

4. ködabakolümi Yupiter’a in Olümpia: köd est la sculpture, d’après Schleyer. Ce mot semble avoir davantage le sens de gravure, dans les dictionnaires plus récents. La sculpture au sens de statue, est magot, qui est une illustration (magod), au carré (terminant par –ot au lieu de –od). Pour ködab avec le –ab, je l’ai trouvé ici, dans le sens de statue, Standbild. Kolüm: Colonne. Donc ködabakolüm: La colonne de la statue. Yupiter’a: De Jupiter, in Olümpia: à Olympie. Savoir qu’un allemand comme Schleyer prononce le y comme un ü aide à deviner que certains ü du volapük sont des y en français.

5. mausoleumi in `Alikarnas: J’ai presque envie de ne rien dire sur celle-là tellement ça ressemble de manière si transparente au mausolée d’Halicarnasse. Mais je ne vais pas laisser filer l’occasion de prérorer au sujet du `. Sur mon clavier je met une apostrophe inverse, mais dans l’esprit de Schleyer, frotté de grec et de latin, il s’agit d’un spiritus asper, ou esprit rude pour les francophone grécisants, dont l’héroïque phalange se réduit comme peau de chagrin, malheureusement, ce qui m’oblige à expliquer ce dont il s’agit: C’est une expiration suffisemment forte pour que les Romains, lorsqu’ils se sont mis à emprunter des mots aux Grecs pour les mettre à leur sauce, se soient senti obligés de la représenter par un h. C’est même d’ailleurs tellement fort que pour les mots ayant une origine commune, on trouve souvent un s en latin. L’exemple canonique est SUPER=`YPER (qui a donné le préfixe hyper-). Inutile de dire que le spiritus asper de l’helléniste Schleyer a suivi le même chemin que son homologue grec, et que depuis la publication de la volapükatid(1887), mais bien avant la révision de M. de Jong (les années 1920-1930), ces fantaisies graphiques ont été remplacées par un h plus ordinaire.

6. gianaködabi de Rodos: Bon, ködab est maintenant connu comme étant statue. De Rodos, de Rhodes (Le volapük de Schleyer n’a pas poussé le vice à demander parfois un esprit rude sur les r; ici tout helléniste qui se respecte en mettrait un, même la langue de Molière met un h). Gian: Comme le français géant et comme l’anglais giant. Donc: la statue géante de Rhodes, ou, puisque c’est le terme consacré, le colosse de Rhodes.

7. Fari in Alexandria. Le phare d’Alexandrie, aucune difficulté. On relèvera que Schleyer n’a pas été aussi buté que Zamenhof. Il répète autant de fois que possible que “un son=une lettre”, mais pour le x, aucun remors à le laisser tel quel. Pourtant l’Antiquité savait déjà qu’il s’agit de deux sons groupés dans une consonne double (et pour la versification, par exemple, considérait logiquement la voyelle précédent le x ou le ksi comme une longue). Zamenhof aurait écrit sans hésiter: Aleksandria, non mais. Pas de x. Quand on a des principes on s’y tient. Mais non, je rigole, les principes sont faits pour être foulés aux pieds: L’espéranto a des ĉ et des ĝ qui sont des tch comme dans atchoum et des dj comme dans djinn.

Pas mal. On a glosé pendant deux trois pages sur un texte qui tiendrait sur une feuille de papier à cigarette. C’est que c’est profond le volapük.

Glidis!

poser des questions – säkön

Les questions simples se construisent en ajoutant un –li (avec le tiret) après le verbe de la phrase dont on veut savoir si elle est vraie ou fausse:

spikol-li volapüki? tu parles le volapük?

Mais les questions fermées de cette sorte ne permettent pas de faire parler son interlocuteur. Nous avons besoin de pronoms interrogatifs, notons bien: en plus du –li, hein, le –li ne marque pas seulement les questions fermées, il marque toutes les questions. C’est un point d’interrogation audible, si l’on veut.

La racine du pronom interrogatif est ki-, le reste est un jeu de meccano, et se construit au moins pour partie de façon systématique:

On prend la racine ki- et on ajoute ce sur quoi porte la question.

Qui que quoi à tous les cas:

kim: qui est-ce qui fait l’action. Qui apprend le volapük? Kim lernom volapüki? En volapük rigik cette forme ne présume pas du sexe du sujet. En volapük nulik on considère que l’utilisation permanente du masculin par défaut constitue un honteux sexisme, et l’on utilise donc une palette plus généreuse de pronoms. On peut ainsi explicitement demander Qui (quel homme) a besoin de correction politique? Kim nedom menodäli bolitik? Qui (quelle femme) a besoin d’un mari? Kif nedof himatani? On peut aussi utiliser le pronom neutre kin, afin de laisser de côté ce problème délicat et de pouvoir de se concentrer sur l’essentiel: Qui veut de la tarte aux pommes? Kin vilon podatoadi? Ah, et bien sûr on peut aussi poser des questions, Qu’est-ce-qui quand on n’est pas sûr d’avoir affaire à une personne: Qu’est-ce qui s’apprend si facilement? Kis palernon so fasilik?

Ce qu’on peut faire au nominatif (que Schleyer appelait kimfal, le cas kim) marche aussi à l’accusatif, kimifal (comme partout ailleurs en volapük, on ajoute un -i), au datif, kimefal (on ajoute un -e) et au génitif kimafal (on ajoute un -a).

Kimi löfol-li? Qui (quel homme) aimes-tu? Pour celles-et-ceux qui aiment les hommes (J’ai bon avec celles-et-ceux? C’est assez politiquement correct?), Kifi löfol-li? Qui (quelle femme) aimes-tu? Pour celles-et-ceux qui aiment les femmes, et enfin, summum du correct, Kini löfol-li? Qui (et je ne m’aventurerais pas à révéler les préférences sexuelles que j’imagine chez toi, de crainte de t’embarasser) aimes-tu? Comme avant on peut aussi poser des questions sur les choses: Qu’est-ce-que tu aimes? Kis löfol-li?

Kime givol-li kidi? À qui (quel homme) donnes-tu un baiser? (Kid: le baiser, il y a des mots en ki qui ne sont pas des pronoms interrogatif). Kife givol-li kidi? À qui (quelle femme) donnes-tu un baiser? Kine givol-li kidi? À qui (et tu peux en donner aux femmes comme aux hommes, hein, pas mon problème) donnes-tu un baiser? Et comme on peut embrasser les choses aussi: Kise givol-li kidi? Qu’est-ce que tu embrasses?. Une réponse plausible pourrait être: Un osculatoire, par exemple.

Kima pük binon fasilikün? La langue de qui (quel homme) est la plus facile? Et nous interdisons sur ce blog toutes les réponses autres Datuvala, celle de l’Inventeur. À ce titre une question comme Kifa pük binon fasilikün? La langue de qui (quelle femme) est la plus facile?, bien que grammaticalement correcte n’appelle pas de réponse (on serait obligé ou obligée de dire, par example, Pük ela jan Sonia, ce qui est incompatible avec pük Datüvala). La question politiquement correcte, de toute manière évite toute allusion inutile au sexe du créateur de la langue: Pük kina binon falikün? La langue de qui est la plus facile?  Bon, allez, les choses aussi peuvent avoir leur langue, on ne va pas faire de chosisme dans cette grammaire: Kisa pük binon fasilikün? La langue de quelle chose est la plus facile?

On peut aussi poser des questions sur plusieurs sujets, objets, récipiendaires, propriétaires, simplement en ajoutant un s du pluriel, comme on le ferait partout ailleurs dans la langue du monde. Nominatif: Quels sont celles-et-ceux qui apprennent une autre langue que le volapük? Kins lernons püki votikü volapük? Accusatif: Quels sont celles-et-ceux que tu embrasses? Kinis kidol-li? Datif: Auxquelles-et-auxquels donnes tu un baiser? Kines givol-li kidi? Génitif: Kinas kidis ägetol-li? Les baisers desquelles-et-desquels as-tu-reçus?

Quel sorte de, fait comment, etc: utiliser -ik

On peut souvent insérer un –ik dans les pronoms précédents pour demander des précisions sur le type, le fait comment, le quelle sorte de etc. Quelle sorte de langue est enseignée? Pük kisik patidon?, ou bien à l’accusatif: Quelle sorte de langue enseignes-tu? Püki kisik tidol-li? ou pour mieux faire ressortir le i de l’accusatif: Kisiki püki tidol-li? Avec le datif: À quel type d’hommes (mâles) donnes-tu tes baisers?: Kimike givol-li kidis olik? Ou si l’on suppose d’autres préférences: À quel type de femmes (le jargon politiquement correcte réclame-t-il ici femelles, ou j’en ferais trop?) donnes-tu tes baisers? Kifike givol-li kidis ola? Ou plus correctement, sans vouloir indisposer l’interlocuteur: Kinike givol-li kidis ola? À quel sorte d’individus donnes-tu tes baisers? Avec un génitif cela pourrait donner: Kinikas kids binons svedikün? Les baisers de quel genre d’individu sont les plus doux?

On peut compléter ce qui se construit sur kim par l’endrée du dictionnaire de Kerckhoffs:

kim

On voit que le volapük nulik est politiquement correct, puisqu’il a un pronom neutre, mais qu’il permet d’être particulièrement intrusif, puisqu’il autorise des questions avec kim– et kif-… Pire, la série des kim-, qui ne caractérisait pas le masculin exclusivement en volapük rigik prend maintenant cette valeur: Poser une question avec kim– peut être offensant là où il n’était pas possible de prendre la mouche avant. Et avec le nombre de langues qui se comportent comme le volapük originel, ou l’on utilise le masculin par défaut, on est parti pour de nombreux malentendus. Peut-être le politiquement correct de Jong n’est-il pas allé assez loin? Sans doute aurait-il dû supprimer kim– et kif– entièrement!

Cela dit cette histoire de pronom et de genre grammatical, qu’on ne s’y méprenne pas, est fort intéressante. Elle montre d’une part que beaucoup de gens ont intériorisé l’hypothèse de Sapir-Whorf (voir Wikipedia(Fr.), attention, longuet!) et croient vraiment que la grammaire nous rend sexistes, elle montre par ailleurs que parmi eux, beaucoup aussi sont prêts à reprogrammer(subtilement) leurs semblables en leur demandant de réapprendre leur grammaire: Quand l’indo-européen-globalisé demande que les rédacteurs et rédacteuses de documentation mettent une fois sur deux her plutôt que him pour parler de the user, on ne fait pas autre chose que modifier la grammaire. Et en français, introduire des formes en –euse partout, comme supra dans rédacteuse, touche non seulement la grammaire mais aussi le lexique.

Parfois, cela confine au ridicule absolu. On serait tenté ou tentée de croire que l’idéal de cette reprogrammation linguistique recommanderait l’utilisation intensive des formes naturellement neutres plutôt que l’explicitation constante et répétée, fastidieuse autant que redondante, de la possibilité d’un féminin et d’un masculin. Il n’en est rien: En Allemagne, pays dont la langue connaît un neutre, il semble de plus en plus réduit à la portion congrue. Dans les associations ou les partis politiques il se trouve de plus en plus d’orateurs et d’oratrices, de rédacteurs et de rédactrices pour utiliser des formules comme Liebe Mitgliederinnen und Mitglieder! Chers membresses et membres, en gros[exemples]. Dans leur tête, ils veulent certainement bien faire: Les mots finissant en  –er sont souvent masculins, or il convient de mentionner explicitement l’autre sexe. Mais ici, le mot est das Mitglied, au neutre déjà, le mettre au pluriel Mitglieder n’en fait pas (Sainte horreur!) un masculin. Il faut dire que selon toute apparence, le neutre allemand est de plus en plus senti comme masculin, au point que d’aucuns ou d’aucunes participent activement à son éviction: C’est ainsi qu’on trouve souvent la graphie novatrice man/frau pour remplacer le pronom neutre man (le on français) qui paraît-il rappelle trop le mot der Mann, l’homme (mâle). Sur ce point il me semble que le féminisme françait traîne un peu les pieds, et recommande encore l’usage du on. Nous avons à ce sujet un petit secret, à raconter en volapük naturellement: No valiko fümob in deutänapük, va el man vemo tefon ko man. Ab fransänapüko, pönop el on kömon de zänodatimäda fransänapük. Pük at älabon falis tel: kimfal e nekimfal. Suvo, vöds äjinons valiko vodiks en kimfal e nekimfal: man ebinon hom(nekimfal) u on(kimfal). Nekimfal egivon fransänapüko eli homme, vödi siniföl man, sotefo kimfal egivon pönopi negenik. Fopladam ela on binon fopladam fatreigön!

Autres mots en ki-

Bien, on s’est égaré je crois, revenons à nos mots en ki-. Il reste un dernier point à couvrir, qui, sans relation au genre grammatical ne va pas nous attirer les foudres des censeurs et censeuses. On peut former simplement des mots interrogatifs en prenant ki– et en y adjoignant un autre mot. Premier dans la liste: Kio. Ki– pour la question et –o pour l’adverbe, soit, de quelle manière. Mais on peut faire plus explicite encore et utiliser le mot manière, mod, et toujours avec le ki– initial: kimodo. Sur le même modèle on peut construire le mot pour : kiöpo (et se rappeler que beaucoup de lieux où quelquechose se passe sont des quelquechoseöp), voire kiplado, à quel endroit, construit sur plado:place. On peut préciser: Kiläno, dans quel pays ou kizifo, dans quelle ville, voire kisüto (quelle rue), kilido (quel numéro, id indique le quantième), kistöko (quel étage).

Marchent de même les questions sur le temps: Kitimo, à quel moment, kidüpo, à quelle heure, quel jour, kidelo ou quelle année kiyelo.

La quantité (möd) peut se demander pareillement kimödo, la distance (fag) donne kifago, à quelle distance. La profondeur (dib) kidibo, l’altitude (geil) kigeilo. Et on peut poursuivre: la taille (gret/smal) kigreto ou kismalo, le poids (vet/leit) kiveto ou kileito, la vitesse (vif/nevif) kivifo ou kinevifo etc.

Et pour finir, la question qui souvent est souvent la plus ardue, pourquoi, kikodo, construit sur cause, kod. On peut aussi demander dans quel but, kifinoto, kizeilo, kidiseino si l’on est davantage dans le pour quoi.

Eko, nous avons fait le tour de la question des questions. Non, pas tout-à-fait. Il y a encore d’autres mots qui servent à poser des questions. Un exemple fréquent est lio, comme dans lio stadol-li, comment ça va. Il fait horriblement doublon avec kio, comme dans kio stadol-li, et ne s’inscrit dans aucune logique. Bref, c’est du ballast, il déroge au principe de parcimonie et si cela ne tenait qu’à nous il aurait disparu depuis longtemps. Nous ne pouvons qu’inviter chacun et chacune à peser l’apport irremplaçable de lio à la plus grande gloire du volapük et à agir en conséquence.

Paglidolös!

 

 

 

 

O fat obas dans les deux versions

Nous avons effrontément emprunté à Wikipédia les deux versions ci-dessous. Le lecteur intéressé les aura déjà rencontrées, il nous faut donc une justification pour cette infâme multiplication des copies : Nous allons tenter ici de relever les différences entre les deux versions et de les expliquer (ces différences et parfois aussi ces textes). D’abord, les deux versions:

1880 Schleyer Volapük 1930 de Jong Volapük
1. O Fat obas, kel binol in süls, O Fat obas, kel binol in süls!
2. paisaludomöz nem ola! Nem olik pasalüdükonöd!
3. Kömomöd monargän ola! Regän ola kömonöd!
4. Jenomöz vil olik, äs in sül, i su tal! Vil olik jenonöd, äsä in sül, i su tal!
5. Bodi obsik vädeliki givolös obes adelo! Givolös obes adelo bodi aldelik obsik!
6. E pardolös obes debis obsik, E pardolös obes döbotis obsik,
7. äs id obs aipardobs debeles obas. äsä i obs pardobs utanes, kels edöbons kol obs.
8. E no obis nindukolös in tendadi; E no blufodolös obis,
9. sod aidalivolös obis de bad. ab livükolös obis de bad!
10. (Ibä dutons lü ol regän, e nämäd e glor jü ün laidüp.)
11. Jenosöd! So binosös!

1. Notre Père qui est aux cieux,

Pas de différence. Les deux traductions utilisent le tutoiement, pas de fantaisie.

2. Que ton nom soit sanctifié.

2a: On a pour ton ola ou olik. Les deux pronoms sont interchangeables. L’un est un adjectif (-ik) l’autre un génitif(-a). Schleyer qui est très sensible à l’euphonie recommande ola devant les consonnes et olik devant les voyelles. On voit que la version nulik ne respecte pas cet usage puisqu’on a olik devant une consonne. De Jong accepte pourtant les deux formes, puisque la ligne suivante a chez lui ola.

2b: paisaludomöz vs pasalüdükonöd. D’abord le i, qui disparaît chez de Jong. Il s’agit d’un aspect aoriste. Comme je n’ai toujours pas une maîtrise suffisante du grec ancien, je me contenterai de dire que les grammaires de volapük anglophones le traduisent en ajoutant un adverbe comme toujours. Le verbe utilisé est ludön chez Schleyer et lüdükön chez de Jong. Tous deux utilisent un participe passif présent (préfixe pa-) à la troisième personne du singulier. Mais cette troisième personne est un masculin générique –om– chez Schleyer, un usage (que certains ont jugé sexiste) qui disparaît en nulik, largement remplacé par le neutre –on-. Enfin le mode utilisé. En rigik on a trois types d’impératifs: –ös, qui est de l’ordre du souhait et une manière polie de demander quelque chose; –öd, qui est un impératif simple, forme retenue par de Jong; et enfin le jussif –öz, la forme la plus impérieuse, préférée ici par Schleyer.

3. Que ton règne vienne.

Juste une différence de vocabulaire. Schleyer a monargän (Qu’on ne trouve pas dans son dictionnaire de 1888), de Jong a regän, plus proche du verbe regön, régner.

4. Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.

4a. jenomöz vs jenonöd: Le verbe jenön (Alld: geschehen) est identique, et comme à la ligne 2, Schleyer préfère le jussif –öz tandis que de Jong choisit l’impératif simple –öd. De même la volonté (vil) est masculine générique (-om-) chez Schleyer, tandis que son genre grammatical est neutre (-on-) en nulik.

4b. äs in sül vs äsä in sül: le mot traduisant comme est à peu près le même. Nous avons d’abord pensé que Schleyer, toujours soucieux d’euphonie utilisait äs devant les voyelles et äsä devant les consonnes, mais son dictionnaire n’a pas äsä du tout. Il doit donc s’agir d’une innovation de de Jong.

5. Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.

vädelik vs aldelik: Des versions plus traditionnelles ont quotidien, c’est cet adjectif que Schleyer et de Jong rendent ici.

6. Pardonne nous nos offenses,

debis vs döbotis: Différence de vocabulaire. Le latin a ici debita, les deux mots s’en rapprochent.

7. comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensé

7a. äs id obs vs äsä i obs: On retrouve ici la différence äs/äsä vue en 4. Le aussi est rendu par id chez Schleyer, c’est le même i que chez de Jong, mais avec une complication euphonique, afin que les voyelles ne se heurtent pas les unes aux autres.

7b. aipardobs vs pardobs: De Jong est plus simple et laisse tomber l’aoriste –i-, ce qui  permet de laisser tomber aussi le a– du présent.

7c. debeles obas vs utanes, kels edöbons kol obs: Schleyer connait deb, et construit debel, celuit qui fait des dettes. De Jong n’aime pas –el pour désigner des personnes autres que des professionnels. Il a pour cela –an, qui existe aussi en rigik, d’ailleurs. Il n’a pas voulu de deban, pour une raison que nous ignorons, et construit donc une longue périphrase. Nous pardonnons à utanes: Ut: celui-même, –an-: il s’agit d’une personne, –e-, datif, –s pluriel: à ceux-là mêmes. Ceux qui: kels, sont entrés en dette edöbons avec le e- du passé et le –ons neutre (pas le –oms: ce ne sont pas tous des gens de sexe masculin) de la 3ème personne du pluriel. Enfin, avec nous: kol obs.

8. Et ne nous soumet pas à la tentation,

nindukolös in tentadi vs blufodolös: Cette fois c’est la version nulik qui l’emporte en brièveté, le verbe blufodön est voisin de blufön, mettre à l’épreuve, que l’on trouve déjà chez Kerckhoffs. On gagne en prime une interprétation théologique à donner à cette phrase où notre père pourrait nous soumettre à la tentation. La version de Schleyer et le français sont absolument parallèles. On relèvera que pour une fois, dans le verbe nindukön, ce n’est pas un l qui sert de consonne initiale à un radical commençant par une voyelle, mais un n. Notons aussi que la préposition in en rigik a une valeur à la fois statique et dynamique, et que l’on indique laquelle de ces valeurs est visée en changeant le cas du complément: in tentad (sans i) lorsque nous nageons en pleine tentation, in tentadi (avec accusatif) lorsque nous glissons vers la tentation. Le volapük nulik n’utilise pas ces compléments accusatifs et dispose de deux prépositions: in et ini afin de supprimer la nécessité d’utiliser le cas du complément pour faire la différence. De Jong aurait mis ini tentad.

9. mais délivre-nous du mal.

9a. sod vs ab: ab existe déjà en rigik. Sod signifie sauce en nulik. De Jong a visiblement sacrifié l’un des synonymes pour créer cette nouvelle racine.

9b. aidalivolös vs livükolös: Le verbe chez Schleyer est dalivön, livükön chez de Jong. Le –ük– qui transforme un verbe intransitif en verbe transitif laisse supposer dans son dictionnaire un livön intransitif. On a quelquechose du genre quitter (angl. to leave), transformé en faire quitter. Commen en 7, Schleyer fait usage d’un aoriste présent ai-, qui disparaît chez de Jong.

10. Car c’est à toi qu’appartiennent le règne la puissance et la gloire, pour les siècles des siècles.

Wikipedia ne donne pas de traduction en rigik de cette phrase que la liturgie emploie mais qui dans le texte de l’évangile ne fait pas partie de cette prière.

10a. dutons lü ol: apparteniennent à toi, pas appartenir+datif, *dutons ole. Tous les à du français ne sont pas des datifs.

10b. jü ün laidüp: la formule chez de Jong ne reprend pas le latin in sæcula sæculorum, mais donne le sens: jusque dans l’éternité.

11. Amen.

Jenosöd vs so binolös. Comme souvent, une traduction constitue une explication de texte. Pour Schleyer, cela doit(impératif –öd) se passer/se réaliser (le verbe est jenön, comme en 2.). De Jong lui, souhaite(-ös) que les choses soient (le verbe est binön, être) ainsi (so).

Observations

Au delà des divergences grammaticales et des points de vocabulaire, on sent sur cette dizaine de lignes deux soucis différents chez les deux traducteurs: Tandis que Schleyer calque le latin d’aussi près qu’il peut (ce que la traduction française fait souvent aussi), de Jong ne craint pas, quant à lui, de sortir des clous pour rendre le fond plutôt que la forme.

Glidis!

 

Plisips volapüka

La Volapükatid de Collings nomme les principes suivants.

1. Einer Menschheit eine Sprache! À une humanité, une langue! La devise
2. Einer Sprache eine Schrift! À une langue, une écriture!
3. Einer Schrift eine Lesung! À une écriture, une lecture! Et pas comme le latin qui se prononce différemment selon les pays
4. Für jeden Laut nur ein Zeichen! Pour chaque son un seul signe! Et pas de k,c,qu pour le même son
5. Jedem Zeichen nur eine Aussprache! Pour chaque signe une seule prononciation! La prononciation du g ou c en français est changeante
6. Überall nur lateinische Buchstaben! Partout les lettres latines seulement! Et pas les lettres allemandes (Fraktur)
7. Keine Buchstabe stumm oder überflüssig! Pas de lettre muette ou superfue!
8. Überall die gleiche Ortografi! Partout la même orthographe!
9. Keine Ausnahmen von Regeln! Pas d’exceptions!
10. Die Wortstellung sei frei! L’ordre des mots est libre!
11. Keine doppelte Verneinung! Pas de double négation!
12. Kein Artikel! Pas d’article! Puisque le latin s’en passe très bien
13. Kein unregelmässiges Zeitwort! Pas de verbes irréguliers!
14. Kein Ablativ, Instrumental, Lokal, Dual, Deponens… Pas d’ablatif, instrumental, local, duel, déponent
15. Lieber Einfaches, als Komplizirtes! Plutôt simple que compliqué!
16. Selten Fremdwörter! Rarement des mots étrangers!
17. Alles Gute, Schöne, Kurze, Einfache, Freie und Vernünftige aller Sprachen werde benützt! Tout ce qui est bon, beau, bref, simple, libre et raisonnable dans toutes les langues est utilisé!
18. Keine Unklarheit der Begriffe! Pas d’imprécision dans les concepts!
19. Alle Dingwörter sind geschletslos! Les choses n’ont pas de genre grammatical! Contrairement au français par exemple
20. Häufungen von Konsonanten oder Vokalen werden vermieden! On évite d’entasser les consonnes ou les voyelles!
21. Nicht zu lange Wortzusammensetzung! Pas de noms composés trop longs! Il en utilise un pour illustrer cette règle!
22. Die Buchstaben r, c, ng, jtj sollen selten vorkommen! Les lettres r, c, ng, jtj ne doivent apparaître que rarement! Je n’ai pas pu mettre toutes les lettres exotiques qu’il y a dans le livre
23. Am Ende deklinirbarer Wörter keine Zischlaute! Pas de sifflantes à la fin des mots déclinables! Parce qu’ajouter un s du pluriel à une sifflante donne quelquechose d’inesthétique
24. Nur ein Pluralzeichen(s)! Seulement un signe pour le pluriel(s)!
25. Einsilbige Hauptstammwörter! Les radicaux sont monosyllabique! Pour éviter que la conjugaison ou la composition de mots nouveaux ne donne des monstres trop longs
26. Nur eine Deklination, Komparation und Konjugation! Seulement une seule déclinaison, comparaison, conjugaison! Trois points où l’inventivité du latin a fait souffrir des générations d’élèves
27. Imperative, Infinitive und Partizipien von allen Zeiten, resp. Personen! Impératifs, Infinitifs et Participes existent à tous les temps et pour toutes les personnes!
28. Lieber direkte als indirekte Rede! Plutôt le discours direct que le discours indirect!
29. Fast alle Vorwörter regiren den Nominativ. Presque toutes les prépositions commandent le nominatif. Contrairement à l’Allemand par exemple, et un point que le volapük nulik a renforcé
30. Der Ton (Accent) liegt auf der Endsilbe jedes Wortes. L’accent porte toujours sur la dernière syllabe de chaque mot.
31. Eine Völker-Sprachakadémie, ein Weltsprachkongress und ein Völkersenat! Une académie linguistique des peuples, un congrès de la langue mondiale et un sénat des peuples!

Cette liste est suivie d’une explication sur la nature du Volapük par monsieur George Bauer, futur inventeur du Spelin, mais pour l’instant encore volapükiste de premier calibre:

Der sehr gelehrte Professor Juraj (=Georg) Bauer in Zagreb (Agram) in Kroatien beantwortet diese Frage in vortrefflicher Weise. Er sagt:

Was ist Volapük? Qu’est-ce que le volapük?
Der sehr gelehrte Professor Juraj (=Georg) Bauer in Zagreb (Agram) in Kroatien beantwortet diese Frage in vortrefflicher Weise. Er sagt: Le très cultivé Professeur Juraj (Georges) Bauer de Zagreb en Croatie répond à cette question de manière exemplaire. Il dit:
1. Volapük ist das vollkommenste Produkt der sprachwissenschaflichen Kombinatorik Le Volapük est le produit le plus parfait de la combinatoire linguistique.
2. Die Erfindung des Volapük ist für die menschliche Rede mindestens von so grossem Werte, wie die Koordinaten für die Geometrie L’invention du volapük est pour la faculté de langage humaine d’une importance au moins égale à ce qu’ont été les coordonnées pour la géométrie.
3. Volapük ist das Friedensband für alle Völker der Erde Le volapük est le lien de paix pour tous les peuples de la Terre.
4. Volapük ist die Erlösung aller kleinen und weniger verbreiteten lebenden Sprachen von dem verderblichen Einflusse einzelner mehr verbreiteten. (Cf. Fremdwörter, fremde Syntax). Le volapük est le salut de toutes les langues vivantes petites ou peu répandue, en ce qui touche l’influence délétère des langues majoritaires (Cf. emprunts de vocabulaire, syntaxe étrangère).
5. Volapük ist das Vorbild des logischen Denkens für alle Natursprachen. Le volapük est le modèle de la pensée logique pour toutes les langues naturelles.
6. Volapük ist die Schatzkammer, in welcher schon der grösste Teil der Vorzüge der Natursprachen enthalten ist, und in welcher mit der Zeit alle Vorzüge derselben aufgespeichert sein werden. Le volapük est le trésor, dans lequel la plus grande part des avantages des langues naturelle est conservée, et dans lequel avec le temps tous les avantages de celles-ci seront conservés.
(Möge die Wahrheit dieser Sätze von allen Menschen erkannt und gewürdigt werden! Allen Freunden der Weltsprache ist deshalb dringendst zu empfehlen, diese Sätze auswendig zu lernen und insbesondere für deren weiteste Verbreitung Sorge zu tragen. D. V. des Vpa.-tid.) (Puissent tous les hommes reconnaître et honorer la vérité de ces phrases! On ne saurait que recommander instament aux amis de la langue universelle d’apprendre ces phrases par cœur et de travailler à leur diffusion la plus large. Le rédacteur de la Vpa.-tid.)

Glidis!

Petite attention pour le Général

Nous avons ici une petite gâterie pour les mânes du Général de Gaulle, qui a eu la gentillesse de fournir le titre de ce blog. Nous sommes certains que son vœu le plus cher a toujours été d’être traduit en quelque espéranto, non moins qu’en volapük intégré. Les deux pour le prix d’un, c’est chose faite !

Je n’ai jamais, Neföro, Mi neniam,
quant à moi, ob, mi,
dans aucune de mes déclarations, in sagam nonik, en neniu deklaro,
parlé de “l’Europe des patries”, ebepükob “Yulopi fatänas”, parolis pri “Eŭropo de la patrujoj”,
bien qu’on prétende toujours que je l’ai fait. do sagoy ai, das ebepükob ati. Eĉ se oni ĉiam diras, ke mi faris.
Ce n’est pas, No binos Ne estas,
bien sûr, klülabiko, certe,
que je renie, moi, das fenesiob, ob, ke mi forkonfesu, mi,
la mienne ; obiki; la mia;
bien au contraire, letadilo, male,
je lui suis attaché plus que jamais löfob oni mödikum ka evelo Mi estas alligita pli ol ĉiam antaŭe
et je ne crois pas e no cedob, kaj mi ne pensas
que l’Europe puisse avoir aucune réalité vivante das Yulop mögon labön jenöfi vifik nonik, ke Eŭropo povas havi neniu ralecon vivan
si elle ne comporte pas if ne kosiädon Se ne kunhavas
la France avec ses Français, Fransäni e Fransänans otik, Francio kun tiaj Francanoj,
l’Allemagne avec ses Allemands, Deutäni e Deutänans otik, Germanio kun tiaj Germanoj,
l’Italie avec ses Italiens, etc. Litalyäni e Litalyänans otik, elm. Italio kun tiaj Italianoj, ktp.
Dante, Goethe, Chateaubriand Dante, Goethe, Chateaubriand Dante, Goethe, Chateaubriand
appartiennent à toute l’Europe dutons lü Yulop valik apartenas al Eŭropo tuta
dans la mesure même où ils étaient respectivement et éminemment bi äbinoms tefädikü e cefiko ĝuste ĉar ili estis respektive kaj ĉefe
italien, allemand et français. Litalyänan, Deutänan e Fransänan. Italia, Germania, Franca.
Ils n’auraient pas beaucoup servi l’Europe No eyufomsöv mödiko Yulopi Ili ne multe helpintus Eŭropon
s’ils avaient été des apatrides if ebinomsöv senfatänans se ili estintus sennaciuloj
et s’ils avaient pensé, écrit e etikomsöv, epenomsöv kaj se ili pensintus, skribintus
en quelque “esperanto” ou “volapük” intégrés… in sembal “sperantapük” u “volapük” panülimüköls… en iu unuigita “esperanta” aŭ “volapuka”…
Mais il est vrai que la patrie est Ab fe, fatän binon Sed veras ke patrujo estas
un élément humain, sentimental, bos menik, senik, aĵo humana, senteca,
alors que c’est sur des éléments d’action, d’autorité, de responsabilité sotefo binos medü bos dunotik, nämätik, gididik, dum nur per aĵoj agecaj, aŭtoritecaj, respondecaj
qu’on peut construire l’Europe. das mögoy bumön Yulopi. eblas konstrui Eŭropon.
Quels éléments ? Bos kisik? Kiuj aĵoj?
Eh bien, les États ! Ba, tats! Nu, la ŝtatoj!
Car il n’y a que les États Bi tats te Cxar nur la ŝtatoj
qui soient à cet égard valables, légitimes binons tefü at gudiks e gitliks estas tiurespekte validaj, legitimoj
et capables de réaliser. e kanons volekön. kaj kapablaj efektivigi.
J’ai déjà dit et je répète, Epükob ya e denuob, Mi jam diris, kaj ripetas,
qu’à l’heure qu’il est das nutimo ke nuntempe
il ne peut pas y avoir d’autre Europe que celle des États, no mögon Yulop votik sod Yulop tatas, ne eblas neniu alia Eŭopo, ol tiu de la ŝtatoj,
en dehors des mythes, des fictions, des parades. fakipü miteos, datikods e päräds. se oni ignoras mitojn, fikciojn kaj paradoj.
De Gaulle, conférence de presse du 15 mai 1962. Hiel De Gaulle, pükot al gasedimans ün yel 1962, mayul 15. De Gaulle, deklaro al gazetistaro, la 15a majo 1962.

Glidis!

jurer – neläbädön

Une langue n’est pas complète sans un répertoire de jurons.
Pük no binon lölöfik if senon konleti neläbädas.

Les grammaires de volapük offrent dans les interjections
Grammats volapüka legivons in linteleks

un moyen de relâcher ses nerfs.
medömi despanön nevis okik.

Voici ma sélection (trad: Grosses Lexikon, Schleyer, 1888):
Eko väl obik (trad: Grosses Lexikon, Schleyer 1888):

blasfämö malefiz, verflucht sacrement
boyadö zum Henker au bourreau
Dummheit Narretei Possen Bêtises foutaises fadaises
brekö krach Crac
diabö zum Teufel au diable

Le cours de volapük de Colling a aussi:
Volapükatid fa Colling i labon:

develö zum Teufel au diable!
flitö Flux! Flûte est peut-être la meilleure traduction.
milö Potztausend Milliard! (pourquoi s’arrêter aux milliers?)

On reste visiblement dans le domaine du très correct.
Lemänoy logiko(visiblement, pas logiquement=tikaviko) in räyun plütiküna.

La langue universelle a été créée par un ecclésiastique,
Volapük pajafon fa glügacalel

ne l’oublions pas: On jure en disant “Blasphème!”
no fögetobsös: Neläbädoy sagöl “Blasfömö!”

Mais où sont donc les merde, crotte, chier, putain!?
Ab kiöpo binons blasfämö, blasfämö, blasfämö, blasfämö!?

Comme les enfants qui aiment les gros mots
Äsä cils löfilöl blasfömavödis

regardons si on les trouve dans les dictionnaires!
logobs if patuvön in vödabuks!

Comme l’Inventeur parlait allemand, j’ai d’abord cherché dans cette langue.
Bi Datuval äspikom deutänapüki, äsukob balido in pük at.

Il y en a un qui y est: Dirne (=Kepse =Mätresse)
Bal dabinon: jilumatel

Je traduirais par conjointe occasionnelle:
mat: le mariage
matel: la personne mariée
lumatel: une personne pouvant rendre certains services que rend une personne mariée à son ou sa conjointe.
jilumatel: ah, le pseudo-conjoint est ici une conjointe.

On parle de la femme qui égare l’homme dans les voies du péché.
Bepükoy vomi kel pöladükof mani ini vegs sinoda.

Mais je veux “pute”, putain!
Ab vilob “blasfämö”, blasfämö!

Alors: Schlampe est perdu entre Schlammvulkan et Schlange:
Tänö: Jilumatelblasfämö paperon(est perdu) bevü släma(fila)bel e snek:

Après avoir parlé avec le serpent, Ève qui était une Schlampe
Pos äpükof al snek, Efa, kel äbinof jilumatel

s’est retrouvée sur un tas de boue (dans le caca). Ok.
ädabinof sü slämabel (in seist negudik). Kapälö.

Hure est entre Huppererde (un minéral ferreux) et hurtig.
Jilumatelblasfämö binon bevü hupatail e fovik,spidik,vifik.

C’est clair:On la paye en petite monnaie ferreuse
Kleiliko:Peloy ofe medü monil tünik

et il faut se dépêcher, sinon c’est plus cher.
e sötoy spidön, pläo kostos mödikum.

J’ai alors cherché comment on dit baiser.
Äsukob pos kio papükos blasfämön.

En allemand vögeln, faire l’oiseau, pas küssen, embrasser.
Deutänapük vögeln, bödön, ne küssen, kidön.

Vögeln est entre Vogelleim(un piège pour capturer les oiseaux) et Vogelnest(nid).
Bödön binon bevü bödeglud e bö(da)smabed.

C’est en baisant qu’on attrappe les mecs et qu’on les garde dans son nid.
Bödölöl fanoy manis e kipoy in smabed okik.

J’ai alors abandonné l’idée de jurer avec le sexe en allemand.
Posbinükob tikamagoti neläbädön deutänapüko medü gen.

J’ai tenté le tout pour le tout: Scheisse!
Äriskob vali: Blasfämö!

Scheisse est entre Scheinheiligkeit et Scheit
(fagot comme dans Scheiterhaufen, bûcher).
Blasfämö binon bevü lusanöf e filaboad.

Parce que ne pas utiliser ce mot est de l’hypocrisie
Bi negebön vödi at binon lusanöf

Et l’utiliser mêne au bûcher.
e gebön oni dugon lü filaboadalemöd.

Devant tant de pudeur, j’ai cherché en Français, chez Kerckhoffs.
Kodü so mödik jem, äsukob Fransänapüko, se Kerckhoffs.

Le plus près de l’évident merde est miot.
Niliküno “merde” klulabik binon miot.

Schleyer dit ici: miot:Dreck Kot Schmut. Kot, on doit y être!
Schleyer sagob üs: miot:Dreck Kot Schmutz. Kot, eko!

Mais pas d’entrée merde chez Kerckhoffs:
Ab no dabinon miotablasfämö se Kerkhoffs:

Merde manque entre mercuriel et mère.
Miotablasfämö senon bevü keginik e mot.

Freud aurait eu quelque chose à dire là-dessus.
Freud sagom-la bosi ad kod at.

Chier aussi manque, après chien et avant chiffon.
I miotön senon, pos dog e bif flab.

Cela a sa logique, il faut un chiffon pour nettoyer la crotte.
Dabinos tikav, nidos flabi ad klinön mioti.

Retournons au sexe: Pute manque entre purifier et pyramidal.
Denuobsös ad gen: jilumatel senon bevu klinön e pirik.

Il n’y a vraiment rien à espérer du dictionnaire.
Dabinon lenos, kel spelön in vödabuk.

Même l’innofensif zut n’apparaît pas!
I flitö nesinik ne dabinon!

puisque Kerckhoffs s’arrête à zoologiste.
kodü Kerkhoffs stopom ad nimavel.

Bon, et maintenant, assez de grossièretés!
Gudiko e nu, stuts saidikö!

Mon beau sapin

La chanson mon beau sapin est un chant traditionnel allemand.
Kanit O Firabim binon kanit vönaoloveik deutänik.

Toutes les strophes du texte le plus courant sont une louange du sapin.
Bagafs valik se vödem kösömikün binon fira lob.

Le texte moderne ne garde que la première strophe de l’original de Zarnack.
Vödem nulik kipon te bagafi balik se vödem rigik fa Zarnack.
O Tannenbaum auf Deutsch, Version von Zarnack.

En effet les strophes suivantes sont peu adaptées au kitsch de Noel.
Bi bagafs sökik no bespodons nejerikami kritidik.

Le chanteur y laisse voir ses souffrances après qu’une jeune fille l’ait quitté.
Kanitan bepükon us liedi oma söko vom yunik eklemof omi.

Il soupire sur l’inconstance de cette dernière,
Beseifom nefiedami ata,

et la compare à un rossignol:
e leigodom ofi lä galit:

Non pour sa belle voix, mais pour son absence à la mauvaise saison.
ne kodü vög jönik ofik, ab kodü nekomi ofik, in tim badik.

O firambim!

O firabim! O firabim! fir:sapin bim:arbre
Labol bledis fiedik: labön:avoir (tu as) bled:feuille fiedik:fidèle
Glünol no te in hitatim, glünön:verdir te:seulement hitatim:été
Id if flodos in nifatim. id:aussi if:lorsque flodön:geler nifatim:hiver
O firabim! O firabim!
Labol bledis fiedik.
O of-pulil! O of-pulil! pul:enfant ofpuli:jeune fille
Labol ladäli dobik! labön:avoir ladäl:sentiment dobik:faux
Eyulol fiedis in läb yulön:jurer fied:fidélité in läb:dans le bonheur
Lüvol obi nu in neläb lüvön:ici abandonner,déserter in neläb:dans le malheur
O of-pulil! O of-pulil!
Labol ladäli dobik!
Modü galit, modü galit modü:à la façon galit:rossignol (nachtigal)
Itasüko ebinol it:le même sükön:checher ebinol:tu fus
Öt te in hitatim blibom Öt:lui aussi te:seulement in:en hitatim:été blibön:rester
In flukatim mofö flitom In flukatim:en automne mofö:vite et loin flitön:voler
Modü galit, modü galit
Itasüko ebinol
Bluk in nebel, bluk in nebel bluk:ruisseau in:dans nebel:brouillard
Ola doba lik binom ola doba:de ta fausseté lik:comme/image binön:être
Flumom te if elömibos flumön:couler te:seulement if:lorsque lömibön:pleuvoir
Toni kikom, sun if sigos ton:ton,son kikön:fermer sun:bientôt sigön:faire sec
Bluk in nebel, bluk in nebel
Ola doba lik binom

Tradutod fa Anton Colling, se Volapükatid.

Gudapük toki pona

Tab dono at binon mögo balid e teik steifülot nüdugön eli “toki pona” (gudapük) medü volapük.

toki pona volapük français
a lintelek fäka interjection indicant une émotion
akesi klokod,snek,e.l.m. reptile,serpent,…
ala no non,négation
alasa yag,konlet chasse,collecte
ale val,valik tout,tous
anpa dis en bas,descendre
ante votik autre
anu u ou bien
awen blibön rester
e nüdug yega nemedik introduction du cod
en e, befä sets subsatik et – entre groupes nominaux.
ijo din chose,truc,machin
ike bad mal
ilo stum outil
insa in,ünü dedans
jaki jekik répugnant
jan ek quelqu’un
jelo yelovik jaune
jo labön avoir
kala fit poisson
kalama lenoid,kanit son,chant
kama kömön venir
kasi härbat glünik végétal sauf fruit ou légume
ken kanön pouvoir
kepeken gebön utiliser,se servir de
kili fluk,härbat,garid fruit, légume, champignon
kin cifükon vödi büik emphase sur le mot précédent
kipisi kötön couper
kiwen din solidik dur,solide,pierre
ko din nesolidik objet mou ou poudre
kon lut,smel air,odeur
kule köl,kölam couleur,peinture
kute dalilön écouter
kulupu grup,komotanef groupe,communeauté
la livikon stadi e seti cifik sépare le circonstanciel de la phrase principale
lape slip,slipön sommeil,dormir
laso blövik bleu
lawa kap,cif,löpo tête,chef,haut
len klot vêtement
lete kold froid
li värb büon indique que ce qui suit est un groupe verbal
lili smalik,nemödik petit,pas beaucoup
linja lun,fad long,corde
lipu papür feuille,papier,carton
loje redik rouge
lon in,binön in dans,être dans
luka nam,brad,lul main,bras,cinq
lukin logön regarder
lupa hog,söp,fenät trou,fossé,fenêtre
ma län pays
mama pal parent
mani mon argent
meli vom,vomik,ji- femme,féminin
mi ob je,moi
mije man,manik,hi- homme,masculin
moku fidön,zib manger,nourriture
moli deadön,deidön mourir,tuer
monsi bäk,pöd,po derrière
mu nima luvokäd cri d’un animal
mun mun (si, vod at paloenöl de volapüka!!) lune
musi cog,blesir,yofön s’amuser
mute mödik beaucoup
nanpa num,nüm nombre
nasa lienetik fou,incroyable
nasin veg chemin
nena lubel bosse
ni at celui-ci,ceci,ce,cette…
nimi nem nom
noka lög,fut jambe,pied…
o  o sert pour l’impératif et le vocatif
oko log oeil
olin löf amour
ona om,of,on il,elle,on
open primön,maifükön ouvrir,commencer
pakala mijenot accident,malheur
pali jaf,vob faire,travailler
palisa staf baton
pan bod céréale,pain
pana givön donner
pi ko,plu patöf sert pour ajouter un groupe de plusieurs mots au groupe courant
pilin tik,ladäl penser,sentir
pimeja blägik noir
pini fin finir,fin
pipi säkäd,musak,libelul,raänid insecte
poka sogön,hip accompagner,hanche
poki bok,üfü,nindian boite,tout contenant
pona gudik,balugik bien,simple,super
sama ot,sümik pareil
seli vam,hitik chaud
selo skin peau,emballage
seme säkavöd quoi,quel (questions)
sewi god ciel,dieu,en haut
sijelo kop,koap le corps
sike sirk cercle,cycle
sin nulik nouveau,à nouveau
sina ol toi
sinpin föfio,blöt devant
sitelen pen dessiner,écrire
sona suemön,sev,nol comprendre,savoir
soweli suganim mammifère
suli gretik important,grand
suno sol soleil
supa möb meuble (surface pour poser)
suwi swidik sucre,doux
tan de,rig de (origine)
taso ba,sod,te mais
tawa lü,golön vers,aller
telo vat,flumot eau,liquide
tenpo tim temps
toki pükön,spikön parole,langue,parler
tomo dom maison,construction
tu tel deux
unpa gen,kosäd genik sexe
uta mud bouche
utala krig guerre,dispute
walo vietik blanc
wan bal un
waso böd,gokul oiseau,poulet
wawa näm,nämed,nämäd force,puissance,intensité
weka moükön absent,enlever
wile vilön vouloir

Vöds ats kanons pagebön zeilo bumön setis.

No binos mayud:
mi wile: Vilob.

Mayuds pagebons plo nems foginiks:
jan Schleyer:el Schleyer

Vöd e nüdugon kimifali:
sina wile e telo:Vilol vati.

Värb ko nek kil labons li:
ona li wile:Vilon(-m,-f).

Subsatabid po yufavärbs binons sen e:
sina wile telo:Vilol dlinön.

Si/No säkön:
sina wile ala wile telo:Vilolli dlinön?

No set:
ona li wile ala telo:No vilon dlinön.

mute sinifon plunumi:
mi mute li toki e toki pona:Spikobs Gudapüki

ladyeks binon po cifavöd:
telo wawa:vat nämik

pi dalon konsiadön grupis ladyekik:
telo wawa pi weka lepa:kaf

Büdabid labon o:
sina o telo:dlinolös!

Värbs no labons o-,ä-,e- timis. Se nidos, givos timi ko la:
tenpo weka la, sina wile telo:ädelo, ävilol dlinön.

I la yufon konsiadön setis kompligikum:
suno li seli la, sina wile e telo lete e moku lete: ven sol hiton, vilol dlinön vati koldik e fidi koldik.

Stopobös is, dat pad at lemänonös cifo po volapük. Divob Gudapüki—e sperob das i ols divolsös Gudapüki—ab divob Volapüki mödikum!

[Rebonds]

I logolsös: discussion en toki pona sur le volapük!

 

La migration des volapükistes vers l’espéranto

Il y a quelques années j’ai écrit l’article que voici.
Bü yels ömik äpenolob penoti ati.
Mi verkis la jenan artikolon jam de kelkaj jaroj.
http://carboucle.blog.com/2007/06/11/lesperanto-et-son-isme/

Dans un commentaire, “Esperantulo” évoquait la migration des volapükistes vers l’espéranto.
In küpetot, “Esperantulo” ämanioton das volapüka flens emufons lü sperantapük.
En ia kommento, “Esperantulo” menciis la translokiĝon de volapuükistoj al esperanto.

Ce phénomène a certainment eu lieu.
Maget at dido jenon.
Tiu fenomeno certe okazis.

Mais je ne saurais en préciser ni l’ampleur ni le déroulement.
Ab no sevob stetön ebo, ni greti ata, ni jenoti ata.
Sed mi ne povas precizi nek lian amplekson, nek lian historion.

Il convient de mentionner ici le rôle de Leopold Einstein.
Mutob maniotön dilädi de Leopold Einstein.
Gravas tamen mencii ĉi-tie la rolon de Leopold Einstein.

(né en 1834 et mort le 8 septembre 1890 à Nuremberg)
(pämotöl ün 1834, ädeadöl tü 1890 setul 8-id in Nürnberg)
(naskiĝis en 1834; mortis la 8-an de septembro 1890 en Nürnberg)

Celui-ci réussit à faire passer tout le club de volapük de sa ville à l’espéranto.
At äplöpom mufön volapükaklubi alik de zif omik al sperantapük.
Tiu sukcese esperantigis la tutan klubon el sia urbo.

On peut trouver sa brochure sur Gallica:
Buk smalik oma binon en Gallica (flentänapüko):
Lia eta libro estas on Gallica (en la franca):
Examen critique du volapük – L’internacia du Dr Esperanto.

Volapükiste accompli, mais espérantiste convaincu il plaide pour la langue la plus récente.
Volapükan gudikünik, sod sperantapükan pasuadomöl, pükom gönü pük nulikum.
Perfekta volapükisto, sed konvinkita samideano, li parolas favore al la pli nova lingvo.

La paresse me commande maintenant de me contenter du français.
Nedut büdon nu das kipob Flentapüki te. Pardolös!
Pigreco demandas ke mi nun kontentiĝu pri la franca. Mi pardonpetas.

Einstein reproche à la langue internationale (c’est moi qui numérote):

-1- les radicaux rendus méconnaissables
-2- le germanisme dans la construction des mots à plusieurs radicaux
-3- l’imprévisibilité de ces derniers lorsqu’on examine leurs racines
-4- les sons ä,ö,ü réputés difficiles à prononcer pour beaucoup de peuples
-5- une sonorité peu harmonieuse en comparaison avec l’espéranto dont les ĉ et ĝ sont comme les cymbales et la grosse caisse dans la musique
-6- la longueur de son(ses) dictionnaire(s)
-7- l’antisémitisme de son auteur (p.21 il reproche, reprenant Kerckhoffs, le mot yudanön faire le juif )
-8- qu’elle est totalement inintelligible à première vue (et il donne pour example l’adresse:
Dokele Alfred Kirchhof, plofed nivera Halle comparé à
Al Doktoro Alfred Kirchhof, profesoro de la universitato Halle)
-9- son fétichisme de la brièveté, au prix d’une prolifération de radicaux
-10- la naïveté de son auteur quant à la prétendue plus grande richesse du vocabulaire allemand
-11- la présence de synonymes inutiles, du fait du tropisme germanique de M. Schleyer
-12- son inconstance, avec par exemple certain mots qui changent d’une édition du dictionnaire à la suivante.
-13- son prix, vu qu’il faut acquérir les coûteuses dernières éditions pour être en mesure de parler correctement.

À vrai dire, la brochure est au premier chef une glorification de la vortfarado, et à ce titre une lecture salutaire pour tout espérantiste débutant. Einstein y donne généreusement crédit à Schleyer d’avoir entrevu cette possibilité, il regrette cependant qu’il ne l’ait pas systématisée.

En dehors de ce point et de ce qui s’y rattache, on trouve déjà les grands classiques que tous les trolls anti-volapük on pu resucer depuis:

les radicaux méconnaissables, l’imprononçabilité des lettres à tréma (les sons ä et ö, pourtant, existent tant en français qu’en anglais!) ainsi que la sonorité.

-glidis!

*Valik menas labons leig e lib in dinits e dets

Plusieurs sites web donnent comme version Vp de l’article premier de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme le texte suivant:

Valik menas labons leig e lib in dinits e dets. Givons lisäls e konsiens e mutons dunön okes in flenüg tikäl.

Soumettons cela à une petite analyse lexico-grammaticale.

*Valik menas labons leig e lib in dinits e dets.
Valik:tous, comme adjectif. Non décliné (pas de a,e,i final), donc un nominatif. Sans doute y a-t-il un sujet au nominatif un peu plus loin dans la phrase.
menas:Construit sur men(Alld. Mensch), l’homme(en tant qu’être humain). Ici avec un a génitif, et le s du pluriel:On parle du ou de la xxx des hommes.
labons:ils-ou-elles ont. Appelle un accusatif: ils ont quelque chose.
leig:l’égalité. Au nominatif. Sans doute le valik du début se rapport à leig.
e:et
lib:la liberté. Au nominatif aussi.
in:en,dans,à.
dinits:rang, dignité. Au pluriel. Au nominatif, mais bon, on est juste après la préposition in et les prépositions du Vp nulik commandent un nominatif: Le point de vue des non-germanophones sur cette question a fini par prévaloir.
e:et.
dets:droite,droit,qui est à droite. Au pluriel (s) et nominatif, donc dépendant du in. Mais droite!?? Je pense que trop de langues entretiennent la confusion entre la droite et le droit. Admettons que le traducteur se soit trompé et prensait au droit:git (au sens de c’est mon droit, pas au sens de la science juridique, qui serait gitav).

Bon, nous avons tous les mots de la première phrase.
Nous avons un sujet(nominatif non régi par une prépostion): Tous l’égalité et la liberté. Ou peut-être toute la liberté et toute l’égalité.je pense que le Vp autorise ce genre de “factorisation”.
Nous avons un verbe: ont, conjugué à la 3ème p. du pluriel, ce qui correspond au sujet identifié plus haut.
Mais le verbe avoir est transitif. Il demande un objet. On a quelque chose. Ici le quelque chose manque, si l’objet était présent on aurait un accusatif en i. On le cherche vainement. En principe, en français comme en Vp, on n’a pas tout court. Quoique, on peut imaginer un usage du style: on a ou on n’a pas. Donc attendons.
Il nous reste encore à caser le des hommes, ainsi que le complément in dinits e dets.

Je comprends la phrase comme:

*En dignités et en droits, toute l’égalité et toute la liberté des hommes ont.

Mouais. Pas terrible. Les mots sont du Volapük, mais la phrase, pas trop.
La deuxième phrase ne peut qu’être plus lisible. Voyons:

*Givons lisäls e konsiens e mutons dunön okes in flenüg tikäl.
givons:ils-ou-elles donnent.
lisäls:la raison,mais au pluriel. Nominatif.
konsiens:la conscience,mais au pluriel. Nominatif.
mutons:ils-ou-elles doivent
dünön:servir
okes:ok est le pronom réflexif (Comme en français: se). Ici au datif (e) pluriel (s): À eux-mêmes?
flenüg:amitié, sur flen(ang. Friend).
tikäl:esprit, sur tik:pensée (ang. Think?).

Tentons de recoller les morceaux:
sujet? les raisons et les consciences.
verbe? donnent, ainsi que doivent servir.
On a ici sans doute deux sous-phrases liées par un e.
(1) givons lisäls e konsiens: les raisons et les consciences donnent
e
(2) mutons dünön okes in flenüg tikäl: il doivent se servir (eux-mêmes) en amitié esprit.

À nouveau, ca ne passe pas:

*Les raisons et les consciences donnent et il doivent se servir en amitié esprit.

La phrase recopiée par une dizaine de blogueurs (voire peut-être aussi quelque professionnels du journalisme) et que l’on fait passer pour du Volapük est un bricolage hasardeux. L’auteur initial est d’ailleurs moins à blâmer que les perroquets qui ont tout repris sans rien vérifier, et qui ont l’outrecuidance ensuite, de marquer Volapük à côté de ce charabia. Pas étonnant après ça que les espérantistes et les danois disent Volapük là où les francais disent chinois (C’est du chinois!).

Bons, tentons de remettre de l’ordre en utilisant les mots donnés, mais en revoyant la grammaire.

MENOD:CORRECTION .

*Valik menas labons leig e lib in dinits e dets.
Tous les hommes sont libres et égaux en dignité et en droit?
Mens valik binons libs e leigs in dinits e gits.
Mens:Au nominatif. Pas de a!
valik:En général on met l’adjectif immédiatement après le nom qu’il complète. Et nous autres francophones évitons au passage la nécessité de décliner!
binons:Sont
libs e leigs:libres et égaux
in dinits e gits:en dignités et en droits.
Si on insiste pour dire: ont la liberté et la dignité, alors il faut un accusatif en i à la fin des choses que les hommes ont:
Mens valik labons libi e leigi in dinits e dets.

* Givons lisäls e konsiens e mutons dünön okes in flenüg tikäl.
Ils sont doté de raison et de conscience et doivent se servir les uns les autres dans un esprit d’amitié?
Labons lisäli e konsieni e mutons dünön oles in tikäl flenüga.
Labons:Ils-ou-elles ont.
lisäli e konsieni:la raison et la consience, mais comme objet de ils ont, donc avec un i indiquant l’accusatif.
e mutons dünön: et il doivent (se) servir
olis:dans un texte plein d’idéal sur le genre humain, le pronom réciproque ol est certainement plus adapté que le pronom égoiste ok (okik: égoiste!): Les uns les autres plutôt que à eux mêmes. Ah, on sert quelqu’un ici, pas à quelqu’un, je préfère l’accusatif au datif. Mais on peut admettre le datif oles aussi, dans ce cas ils serviraient les uns aux autres.
in tikäl flenüga: dans un esprit d’amitié plutôt que *in tikäl flenüg:*dans un esprit-amitié.

Ces deux phrases étant rétablie dans un état qu’on espère meilleur que l’original, il me tient à coeur d’exprimer toutes ma gratitude au traducteur pour son effort louable, et de lui présenter toutes mes excuses pour cette exposition laborieuse des menus défauts qui alourdissait son œuvre. Qu’il ne prenne pas offense de mes longueurs, mon objectif n’était pas de l’accabler de critiques ni de le tourner en ridicule, mais de proposer au lecteur une petite explication grammaticale du Volapük, un peu différente de celles que nous ont laissées les pères du Vp, et qui supposent du lecteur une connaissance préalable du grec et du latin!

En espérant avoir atteint cet objectif et avoir été utile à quelqu’un dans son apprentissage du Volapük:

Glidis!

PS:
Il n’est pas exclu que la traduction défectueuse présentée comme vp soit en fait une traduction tout-à-fait correcte dans l’une des langues dérivées du vp. Je reconnais humblement n’avoir pas fait mon travail de recherche sur cette question subsidiaire.

PPS:
Les linguistes marquent d’une astérisque les formes fautives lorsqu’ils veulent faire le constraste avec les formes grammaticalement correctes. Donc si mes lecteurs se demande pourquoi cet article est parsemé de petites étoiles: C’est juste que je m’la pète et je fais semblant d’être un pro.

Hüm Volapüka

Hüm: L’hymne (avec ü=y car l’allemand dit üpsilon, et avec aussi une réduction monosyllabique)
Volapüka: Volapük avec un a génitif, soit, du Volapük.

Le volapük a son hymne, publié en 1884: Un texte de Frank Zorell [Vükiped], sur une composition de nul autre que Johann Martin Schleyer lui-même.

La partition est publiée sur le site de la Bibliothèque Nationale de Bavière, institution dont la chorale du personnel a aussi produit un enregistrement moderne de notre hymne. On en trouve un mp3 sur leur site.

Notons que le Volapük est double (au moins!), puisqu’il en existe une version rigik (originale) et une version nulik (nouvelle), ainsi en va-t-il de son hymne également, dont les paroles retravaillées en nulik sont disponibles depuis 1933 grâce aux effort de l’inévitable Arie de Jong.

Cette introduction étant faite, entrons dans le vif du sujet: Le texte original de Zorell. Comme d’habitude, nous donnons le volapük en gras, suivi de notes de vocabulaire et de grammaire.

Sumolsöd stäni blodäla! – sum:prendre ici à l’impératif öd du vous, ols. – stän:étendardblodäl:fraternité, construit sur le mot blod, frèresaisissez l’étendard de la fraternité
Dikodi valik hetobsdikod:discordevalik:universelle – hetön:haïrnous haïssons la discorde universelle
Tönöls jüli baladäla, – tönön:tenir ferme, mais ici, avec öls c’est un participe présent actif, au pluriel(s), donc, avec un sujet pluriel (le Français moderne n’accorde pas les participes présents): tenant ferme jül:Le dictionnaire de Kerckhoffs a écran, mais dans le sens de ce qui fait écran, ce qui protège. Jül=shield en anglais, soit bouclierbalad:uniontenant ferme le bouclier de l’union
Volapüke kosyubobs, – syubön: se réjouir et kosyubobs nous nous réjouissons ensemblevolapüke: Volapük au datif: à la langue du monde. – Nous nous réjouissons au sujet du Volapük
Vokobsöz ko datuval: – vok:cri, ici avec nous, et conjugué avec le super impératif (öz:jussif) – ko: avecdatuval: l’inventeur-en-chef (le simple inventeur datuvel est promu en suffixant al au lieu du el) en général c’est Schleyer qui est désigné ainsi.  – Quoi!? Nous ne crierions pas avec M. Schleyer
„Menade bal, püki bal“!Menad:humanitébal:unepük:langueÀ l’humanité une, une seule langue.

Kis also, kanos koblodönkis:quoi also:alorskan:savoir/pouvoir, avec os pour le sujet neutre –koblodön: faire fraterniserQu’est-ce donc qui peut faire fraterniser
Lölika vola menis?lölik:entier cet adjectif placé avant le nom qu’il complémente, il est donc décliné et hérite du a génitif de volavol:monde (=world), au génitif (a): du mondemen:être humain (=alld:Mensch)- les hommes du monde entier?
Kis also kanos menodön, – kis also kanos:quoi alors peut, comme au dessus – menodön:corrigerQu’est-ce donc qui peut améliorer,
Äs pük bal, omsa stadis?omsa:leur stadis:conditioncomme la langue unique, leur condition?
Klu tonodosöz in val:klu:donc – tonodön:retentir, avec ici le pronom neutre os et la marque öz du jussif – val:universComment donc ne retentirait pas dans l’univers
„Menade bal, püki bal!“ – la devise du Volapük – À l’humanité une, une seule langue

Datuvel püka lifomöd,lifön:vivre ici avec le pronom om de rapportant au Datuvel püka, le découvreur de la langue, Schleyer, et la marque öd de l’optatif, marquant le souhait – Vive le découvreur de la langue!
Lifomsöd pakels ota,pakels:les propagateursota:de celle-ci – vivent les propagateurs de celle-ci!
Volapük aiflolomöd,flolön:fleurir on a avec omöd un souhait pour  le sujet Volapük. Mais on a aussi le préfixe ai, soit un a pour le présent suivi d’un i pour l’aoriste, que je tente de rendre par toujours. – Le volapük puisse-t-il toujours fleurir!
E välapüked oma!  e:et – välapüked est construit avec väl:choix et  püked:sentence; l’allemand a le mot Wahlspruch pour devise, qui semble le calque parfait de välapükedoma:saainsi que sa devise
Oibinomöd su talbinön:être au futur (préfixe o) optatif (öd) – su:surtal:terreque soit sur la terre
Menade bale pük bal! – la devise à nouveau, mais cette fois on a pük bal et non püki. Pük langue est le sujet de oibinomöd au vers précédent. – pour l’humanité une, une langue.

Et voilà!

Bon appétit

Pötiti gudik!

Pötit= Appétit, c’est transparent pour les francophones, non? Ici avec le i de l’accusatif, parce que, paraît-il, on sous-entend un je vous souhaite, dont pötiti est l’objet direct.

Gudik: Bon, comme good en anglais et gut en allemand. On peut rappeler aussi que la déclinaison de l’adjectif apposé immédiatement (pas de mots intercalaires!) après (il peut être apposé immédiatement avant aussi, mais cela ne compte pas pour ce que nous avons à dire) le nom qu’il décrit est  facultative. Ce qui veut dire que si on insiste pour décliner même dans cette situation, les experts de la grammaire y trouveront à redire.

Bien manger, avant de parler des ingrédients et de tous les miracles de la cuisine, cela commence par une table dressée proprement et le couvert mis où il faut. Voici le vocabulaire de base regardant cette question:

fidön

Ah, et pour accompagner le bon repas, il convient de lever le verre: À votre santé, sanö!

L’étudiante en langue

Le numéro 4 du journal Rund um die Welt (autour du monde entier) du 15 mai 1889
Dabükat folid se blad Rund um die Welt (Zi vol lölik) tü del 15 mayul 1889

rundUmDieWelt.png

[En-tête du journal]

https://books.google.de/books?id=rBOYup_ZFLAC&lpg=PA164&ots=d3q2ag6JHj&dq=roland%20vutafilik&hl=de&pg=PP1#v=onepage&q&f=true

contient la poésie suivante, en Allemand avec Volapük en regard.
ninon poedati suköl, deutänapüko, volapüko kos.

Je n’ai pas tenté de moderniser ce texte très attendrissant.
No eblüfob nulikön vödemi at, löfafuliköl mödik.

Die Sprachschülerin                     Gepüka julel
von Friedrich Rückert.                  Fa Friedrich Rückert.
                                        Lovepolam fa Anna Kramer in Wien

Komm', spricht das Mädchen, setze Dich  Kömolöd, ofyunel pükof
Und nimm' mich in die Lehre,            E tidolöd obi;
Verhöre Deine Schülerin,                Ofjuleli sesäkoblöd,
Da hast Du die Grammaire.               Labol is glamati!

Gut, spricht er, liebe Schülerin;       Vo! pükom, löfik ofjulel
Allein mir fehlt ein Rüthchen;          Ab flapadin defom;
Wenn Du den Lehrer zorning machst       If tideli zunik mekol --
Wie kühlt er sich das Müthchen?         Liko pönön kanom?

Er soll, spricht sie, für jedes Wort    Sötom, pükof, plo vöd alik
Mich an den Näschen zupfen,             No penolöl, zugön
Und wenn er strenger strafen will,      Len nud u len helems obi --
Mich an den Härchen rupfen.             If vilom lepönön.

Wie, spricht er, sollen für den Mund    Li sötoms, pükom, pla mudil
Die aremn Härchen büssen?               Nud, helem pönadön?
Für jedes Wort, das Du nicht weisst,    Plo vöd deföl alik, nutol
Sollst Du mich ein Mal Küssen!          Obi balna kidön.

Sie lächelt und ihr Lächeln scheint     Smülof e jinos smül ofa
Nicht ja, nicht nein zu sagen;          Sagön ni si, ni no
Er aber lässt das Lächeln sein,         No glifom, kisi malos, e
Und fängt sie an zu fragen.             Sesäkom foviko.

Und alle Wörtchen fragt' er sie,        Vödis valik, fikulikün,
Die ihm die schwersten schienen;        Välom, ofi blüfön,
Allein vergeben ist die Müh'            Ab vanliko binom töbam
Und nichts ist zu verdienen.            Nosi kanom rivön.

Es ist, als ob ein böser Geist          Jinos das lutikäl sembal
Ihr jedes Wörtchen sagte                Vödis vo ninsagom,
Denn gleich ist ihre Antwort da,        Ibo gepükof foviko,
Noch eh' er recht sie fragte.           Büfo säk pafinom.

Bis endlich Amor seiner sich            Fino Amor koliedi
Erbarmt und er erstaunet,               Labom -- binos stunik:
Als der drei leichte Wörtchen nur       Ome vödis tel ninsagom,
Ihm in die Ohren raunet.                Binoms nefikulik:

Er fragt: Wass heisst: Ich liebe Dich?  Nu sagolöd: Löfob oli!
Das wollte sie nicht wisse,             Simoluf nenolön,
Da musste sie ihm jedes Wort            E ämutof plo vöd alik
Mit einem Kusse büssen.                 Dub kids nu pönadön.

 

Je voulais encore ajouter que le double sens du mot langue dans ma traduction du titre n’existe pas dans la version allemande ni dans la version en Volapük. Vu le sujet du texte, elle s’imposait pourtant, je n’ai pas pu résister.
Et pour ne point effrayer ceux qui voient le mal partout il me semblait important aussi de traduire julel par étudiante et non par écolière.

En parcourant le Volapük Reader page 6

In konlet tiämü: Esperanto se Bukem Nütik Lösteräna, tuvoy:
Dans la collection intitulée Esperanto de la Bibliothèque Nationale d’Autriche on trouve:

Mitchell, Frederic W.  A Volapük reader. – Boston, Mass. 1891

Emaipadükob buki at, pade: 6 e palanob fa at.
J’ai ouvert ce livre à la page 6 et m’en suis inspiré.

Dins valik kels nidons no binons golüdik.
Tout ce qui brille n’est pas or.
Dins=Dinge en allemand, things en anglais: les choses.
Val est la racine pour tout (all/alle en anglais/allemand). Valik=tous.
kels nidons: Qui (pluriel) brillent.
Golüdik: On reconnait Gold.
Krüt binon nefikulik ab lekan binon fikulik.
La critique (krüt) est facile mais l’art (lekan) est difficile(fikulik).
Kan (=can en anglais): pouvoir. Le– est un augmentatif: le super-pouvoir c’est l’art!
Fikulik: Difficile, nefikulik: le contraire de fikulik: facile!

Kisi maloy seilön?
Pourquoi y a-t-il écrit “silence”?
Malos: Mal rappelle l’allemand malen, peindre/dessiner. –oy indique le sujet on.
Seilön: se taire.
Littéralement: Pourquoi on écrit se taire.

Seilön binon gepükön ute kel pükon sen lisäl.
se taire est répondre à celui qui parle sans raison.
Ute est ut, celui, et finit ici avec un e, marque du datif. Donc: à celui.
Kel: qui.

Alim vilon vedön bäledik, ab nek vilon binön bäledik.
Tout le monde veut devenir vieux mais personne ne veut être vieux.
Alim: Tout le monde
vilön: vouloir, ici sans les deux points, vilon: veut.
vedön: devenir, comme en allemand: werden
bäledik: vieux.
ab: mais
nek: personne
binön: être (comme en allemand: ich bin).

Pük kiom binon nefikulikün?
Quelle est la langue la plus facile?
Pük: Comme en anglais speak. La langue. Comme dans Volapük, la langue du monde(vol=anglais world).
Kiom: Laquelle.
Binon: est.
Nefikulikün: On part de fikulik, difficile. On prend son contraire, nefikulik. On ajoute le suffixe –ün du superlatif: nefikulikün, la plus facile.
Sur ce blog les réponses autres que le Volapük ne sont pas acceptées.

Volapük binon-li nefikulikum ka Sperantapük?
Le volapük est-il plus facile que l’Espéranto?
Nefikulikum: on a pris le même adjectif nefikulik, facile, mais on a ajouté le suffixe –um du comparatif: nefikulikum, plus facile
Ka: que, lorsqu’on fait une comparaison. Plus facile que.
Sur ce blog les réponses autres que lesi! ne sont pas acceptées.

Glidis!

 

 

Le Volapük, combien de formes verbales?

On dit que le volapük a plus de cinquante mille formes verbales.
Sagoy das volapük labon mödikum ka luldegmil värbafomis.

Examinons cela! Xamolsöd  ati!

Notre référence (consultable ce jour, sans garantie pour la suite)
Jon obas (kontolöla adelo, no labos garani  fovo)
(en Espéranto) Enkonduko al Volapuko de Ed.Robertson
(Sperantapüko) Ninduk Volapuka fa Ed.Robertson

http://mi.anihost.ru/Volapuk/Esperant/robert.htm

donne même le chiffre de cinq cent mille.
givon sägö mödi: lultummil.

Le verbe en volapük a =8= temps:
(1) présent,   marqué par -a- (ou le plus souvent rien du tout)
(2) imparfait, marqué par -ä-
(3) parfait,   marqué par -e-
(4) futur,     marqué par -o-
(5) futur parfait,  ” par -u-
(6) plus-que-parfait,”par -i-
(7) futur antérieur, “par -ö- ainsi que
(8) futur antérieur parfait, marqué par -ü-.

Il a la possibilité de constuire un passif en préfixant -p-. =2= possibilités.

On peut marquer un aoriste en utilisant -i-. =2= possibilités.

On peut utiliser la syllabe -li- pour l’interrogatif. =2= possibilités.

L’impossibilité est indiquée par le subjonctif -la-. =2= possibilités.

Il y a =5= modes:
(1) indicatif
(2) conditionel marqué par -öv-
(3) optatif (impératif du souhait) marqué par -ös-
(4) impératif normal, marqué par -öd- ainsi qu’un
(5) jussif (impératif impérativement impérieux: Ou je l’imprime sur ta face!).

Et maintenant les pronoms. J’en compte =15= qui puissent être collés au verbe pour le conjuguer:

                   singulier             pluriel
1-ère personne     (1)     ob            (2)     obs
2-ème personne     (3,4,5) ol, or, og    (6,7,8) ols, ors, ogs
3-ème personne
    "  masculine   (9)     om            (10)    oms
    "  féminine    (11)    of            (12)    ofs
    "  neutre      (13)    on            (14)    ons
    "  syntaxique  (15)    os

On a enfin les infixes -ik- et -ük- permetant de changer la transitivité des
verbes (=3= possibilités).

Cela nous fait jusqu’à présent:

[temps]x[passif]x[aoriste]x[li]x[la]x[mode]x[pronom]x[transitivité]
=      8  x  2  x  2  x  2  x  2  x  5  x  15  x  3
= 28800.

Il convient d’ajouter les participes (ils se terminent on -öl-) et se comportent
comme des adjectifs (ils se déclinent en =4= cas et =2= nombres).
On peut laisser tomber l’interrogatif et le subjonctif et ne reternir des modes
que les non-impératifs; les pronons ne jouent pas non plus:

[temps]x[passif]x[aoriste]x[mode]x[transitivité]x[cas]x[nombre]
=      8  x  2  x  2  x  2  x  3  x  4  x  2
= 1536.

On ne doit pas non plus oublier l’infinitif qui, certainement, peut garder les
temps, ainsi que les marques du passif et de l’aoriste. La transitivité reste:

[temps]x[passif]x[aoriste]x[transitivité]
=      8  x  2  x  2  x  3
= 96.

Cela nous donne un grand total de 30432 formes verbales. Je ne veux pas exclure d’avoir oublié l’une ou l’autre dimension qui multiplierait encore ce nombre: Je suis un débutant en matière de Volapük et peut-être devrai-je revisiter ce billet à l’avenir!

Glidis!

 

Glidis

est le mot pour se saluer en Vp.

Glid rappelle l’anglais to great et l’allemand grüssen. C’est la racine du mot glidis. Le i et le s de la fin sont respectivement demandés par la grammaire et recommandés par l’excès de salutations disponibles:

  • Un i pour l’accusatif (l’Espéranto fait pareil et met aussi le n de l’accusatif à saluton). Il paraît que c’est parce “salutations” tout seul est là parce qu’il y a implicitemnt une phrase complete du genre “revevez mes salutations” ou “je vous adresse mes salutations” dans la tête du locuteur, mais qu’il est tellement fainéant qu’il n’arrive á baragouiner que “salutations”. La qualité d’objet direct du mot salutations n’est pas perdue avec “je vous adresse mes”, il convient donc d’en marquer l’accusatif avec un i.

Et

  • un s parce que j’envoie plusieurs salutations à la cantonnade et pas qu’une seule. Les volapükistes sont riches en salutations. Et pauvres en amis volapükistes à saluer, malheureusement.

Voilà, on sait saluer (glidön) en Vp. On peut saluer de la même manière pour se quitter.

Glidis!