Yulop[rig.], Yurop[nul.], l’Europe!

En tant que volapükiste intégré, nous nous devons de sauter sur notre chaise et de crier « l’Europe l’Europe l’Europe ». Voici donc une bien mignonne carte de l’Europe —à offrir aux mânes du Général de Gaulle— une occasion pour nous d’explorer un peu les noms des pays de notre continent.

El Général de Gaulle i benosevado esagom badöfi tefü slopans Yuropas: eleigodom onis tä kapars, kels spranülons su stul okik e vokons “Yurop! Yurop! Yurop!”

[i:aussi,également, benosavedo:c’est bien connu, badöf:une pique, slop:soutien, leigön:comparer, kapar:chèvre, spranülön: sauter, stul:chaise]

Klu vilob legivön ele Général kaedi at, kel magon no Fransän, no Deutän, no Litaliyän, ab Yurop, län pobumöl, kiö volapük panülimüköl obinon pospiköl!

[klu:c’est pourquoi vilön:vouloir legivön:offrir, kaedi:carte, magön:illustrer, län:pays, bumön:construire, kiöpo:où, nülimükön:intégrer, spikön:parler]

yurop

(Petuvöl is: http://i.imgur.com/AU1YQMF.jpg)

Glidis, et tous mes respects au Général.


 

Nu, lanäl paperon nemödiko. E el Général ni reidom ni lilom plu: Tikob, timül at binon nedöfik ad pükön verati: No lärnolös medü kaed at! Lafik nemas länas nedon menodami!

[Nu:maintenant, lanäl:enthousiasme, per:se perdre, reidön:lire, lilön:écouter, tikön:penser, timül:moment, nedöfik:adequat, verat:vérité, lärnön:apprendre, medü:au moyen de, nem:nom, laf:moitié, län:pays, nedön:nécessiter, menodam:correction]

Segun Vükiped, Läns in Yurop binons [segun:selon, ce mot ressemble à quelque chose de sensé, je le préfère donc à ma, qui veut dire la même chose. Les deux sont attestés déjà en volapük rigik]:

Belarusän | Belgän | Bosnän e Härzegovän | Bulgarän | Danän | Deutän | Fransän | Grikän | Jveizän | Kroasän | Lalbanän | Landorän | Latviyän | Lestiyän | Lietuvän | Ligtänstän | Lireyän | Lisladeän | Litaliyän | Lukrayän | Luxämburgän | Lösterän | Macarän | Makedoniyän | Malteän | Moldavän | Monakän | Montenegrän | Nedän | Norgän | Polän | Portugän | Regän Pebalöl | Rumän | Rusän | Sanmarinän | Sipreän | Slovakiyän | Sloveniyän | Spanyän | Suomiyän | Svedän | Särbän | Tsyegän | Vatikän

Klu binos nu fasilik lisedön pökis. Ab vilob, das lised at binon frutik, so steifülob patedavön, sed te fransänapüko (pardolös!).

[fasilik:facile, lisedön:lister, pök:erreur, frutik:utile, so:donc,aussi steifülön:essayer, pated:type,catégorie, –av:science, patedavön:catégoriser]

Je compte 24 erreurs sur la carte, plus exactement: 24 noms de pays sont mal orthographiés. Risquons-nous à une petite typologie, mais prévenons tout de suite tout malentendu: Certains de ces 24 noms erronés pêchent à plus d’un titre, le total des catégories sera donc supérieur à 24.

En premier lieu, le volapük n’aime pas les noms commençant par une voyelle. Il convient d’ajouter un L initial:

Andorän->Landorän,
Albanän->Lalbanän,
Estonän->Lestiyän,
Latvyän->Latviyän,
Irelän->Lireyän,
Österän->Lösterän,
Italyän->Litaliyän,
Ukrainän->Lukrayän

Ensuite, mais ce n’est qu’une observation de novice, il semble que le volapük préfère –iyän à –yän. Ou plutôt: Admettant que –än est le suffixe indiquant que l’on parle ici du pays dont la racine a été suffixée par –än, le volapük préfère les racines qui se terminent en consonne+iy à celle qui se termine en consonne+y. Le y en effet, en volapük, a un statut de consonne à part entière, or choisir des racines se terminant par plusieurs consonnes, c’est pas beau. La racine a bien entendu le droit de se terminer avec un y, on n’est pas des monstres, mais il faut une voyelle avant. Un i par exemple. On peut donc corriger:

Italyän->Litaliyän,
Latvyän->Latviyän,
Slovenyän->Sloveniyän

Viennent ensuite les noms que le cartographe a traduit en les calquant sur l’allemand, ou sur une autre langue germanique, ou sur une langue qui partage les mêmes constructions. Il semble que le volapük ne tienne pas absolument à maintenir ces étymologie. Nous nous devons cependant d’expliciter ces constructions, mêmes fautives, après tout, il y a du vocabulaire à pêcher:

Gladän->Lisladeän: Construit sur glad:glace, comme l’anglais Ice-land,
Leitastonän->Ligtänstän: Construit sur leit:légèreté, et ston:pierre. Pour ma part j’aurais choisi plutôt de traduire Lichten-Stein par Lita-ston-än en utilisant lit:lumière.
Blägabelän->Montenegrän: C’est un calque de l’italien, ici. Bläg:noir, negro et Bel:montagne, monte.

Bon, il ne nous reste plus que la catégorie fourre-tout, dont chaque élément constitue un cas particulier. Bavard impénitent, commentons:

Danmarkän->Danän: mark est la marche, territoire à la marge de l’empire et régi par un marquis ou un margrave (transparent pour les germanophones: comte de la marche). Mark indique déjà qu’il s’agit d’un territoire, cela ferait double emploi avec le -än obligatoire pour les noms de pays. Simplifions!

Cehän->Tsyegän: Ouais ben alors là le p’tit novice que je suis il est furax, parce qu’on accumule trois consonne en tête de la racine officielle. Le cartographe offre quelque chose de plausible, l’espéranto a Ĉeĥio, par exemple. Bon, si on veut vraiment le prononcer Tsyegän, dans ce cas, utilisons le Z. Allez, je l’officialise et le met en gras: Zyegän. Et voilà, ekö! Une remarque parfaitement déplacée en passant: Je présume que ceux qui veulent Tsyegän en volapük sont les mêmes que ceux qui se mêlent d’insister pour que les Allemands, qui disent die Türkei et die Slowakei sans que cela ne dérange personne, disent die Tschechische Republik, parce que die Tschechei est senti (par certaines cervelles slaves) comme dérogatoire.

Kiprän->Sipreän: Le cartographe est un hypercorrect. Beaucoup de Ki- et de Ke- du proto-indo-européen sont devenus des Ci- et Ce- en latin, originellement prononcés Ki- et Ke- et depuis prononcés autrement dans les langues latines (dont Si- et Se- en français). Bon, maintenant avec Chypre, on a des difficultés supplémentaires: l’original est Kupros (j’utilise le u français pour translittérer le i grec), avec Ku, qui n’a aucune raison d’évoluer vers une prononciation Su-. Mais Kupros est un nom grec, et le grec prononce depuis longtemps le u comme un i (grec). Il s’est donc trouvé assez de barbares pour déplosiver le K et le transformer en chuintante ou sifflante. Sahipreusse, disent les anglais, Tsiperne pour les allemands, Chypre pour nous, alors bon, exit le K.

Magyarän->Macarän: La Hongrie. Le cartographe adopte une graphie que j’imagine lisible par les hongrois, vükiped choisit une prononciation que j’imagine reconnaissable par les hongrois. Un pour le volapük, zéro pour l’espéranto Hungario.

Luxämburgän->Luxemburgän: Voilà le revers du cas précédent, le cartographe suit la prononciation, vükiped suit la graphie. Vous croyez que les germanophones disent plutôt Louksémebourg (naméouksékonva!?) ou Louksêmebourg? Ben le p’tit nouveau se dit aussi que Luxämburgän serait plus seyant. Luxemburgän est une concession inutile faite à un hypothétique primat de la graphie sur la pronociation.

Makedonän->Makedoniyän: Ce nom a sérieusement embêté les grecs, qui insistent que leur nouveaux voisins ne peuvent pas prendre pour nom celui d’une de leur province et transformer ainsi Alexandre de Macédoine en barbare d’au-delà des montagnes. Il est important de noter sur ce monsieur qu’aussi bien les grecs que les macédoniens et les bulgares le revendiquent comme héros national; nous ne saurions donc assez encourager nos lecteurs à la plus grande prudence lorsqu’il veulent en discuter avec des partenaires non exclusivement grecs, ou macédoniens ou bulgares. On vous aura prévenu.

Il nous reste des détails cosmétiques:

Suomän->Suomiyän,
Maltesän->Malteän,
Vatikanän->Vatikän,
Bosnän->Bosnän e Härzegovän,
Romanän->Rumän,
Moldovän->Moldavän,
Slovakän->Slovakiyän

Nous avons réservé le meilleur pour la fin, un cas qui aurait fait plaisir au Général et mériterait presque un billet à lui tout seul: nos amis d’Outre-Manche.

Ceux dont nous parlons généralement comme des anglais, des gens d’Angleterre (Linglän) ont pour voisins des conationaux habitant d’autres territoires situés sur l’île de Grande Bretagne, nom traduit en Greta Britän par le cartographe (terme connu de Vükiped). Mais attention! Le pays souverain insiste sur le fait qu’il est un Royaume-Uni, Regän Pebalön, une dénomination qui en fait une entité déterritorialisée, sans aucune attache géographique. Mais si l’on se souvient que géo se réfère, étymologiquement, à la terre, et que l’état en question, lui, se voit comme une puissance maritime, abandonner une attache géographique est sans réelle importance: Ce n’est pas un sacrifice, c’est au contraire l’affirmation d’une raison d’être!

Celles et ceux qui désirent mémoriser les noms des pays d’Europe en les visualisant sur une carte sont donc priés d’aller voir chez vükiped.

Advertisements

Toki pona medü volapük tö Memrise

Un cours de toki pona en volapük est disponible sur Memrise! Les volapükistes du monde entier peuvent désormais apprendre les mots élémentaires du toki pona dans leur langue préférée.

O volapükaflens valöpo,

ai evilols-li lärnön püki eli toki pona, ab ekanols-li tuvön te tidis linglänapükik? I ob eviobs demü stad mikömik at.  Ab sis anu, kanoy lernön eli toki pona medü tid nulik, kel gebon püki fasilik, püki gönik olsik, sevabo volapüki!

Klu sägükolsös drenis olsik e visitolsös:

http://www.memrise.com/course/980949/toki-pona-vods-balik-pro-volapukapukans/

dat fino ed ols pükols püki guda, eli toki pona!

Glidis / toki!

Vocabulaire
flens amis
valöpo partout
ai toujours
vilön vouloir
lärnön apprendre
eli introduit un mot étranger à l’accusatif
kanön pouvoir
tuvön trouver
te seulement
tid leçon
linglänapükik en langue anglaise
I aussi, de même
viön demü s’apitoyer sur
stad situation
mikömik déplorable
at cette
ab mais
sis depuis
anu maintenant
kanoy on peut
medü au moyen de
tid nulik
kel qui
gebön utiliser
fasilik facile
gönik favorite
sevabo à savoir
klu donc
sägükön sécher
dren larme
visitön visiter
dat afin que
fino finalement
et ols vous aussi
pük guda la langue du bien

Volapük sur Memrise

Memrise est un site populaire de question-réponse, à visée pédagogique. Cela marche comme les bristols : On met le thème d’un côté, la version de l’autre, et on passe en revue le vocabulaire à mémoriser. Fils des temps ludiques, Memrise est plus coloré et plus varié, puisque pour chaque paire (version/thème), les exercices peuvent être (je pense que c’est au hasard) soit du type « choisis en un parmis ceux-là », soit « remet les étiquettes dans l’ordre », voire même, si, si, il faut bien apprendre, « mon bonhomme, prend ton clavier et entre la bonne réponse en toutes lettres ».

On y trouve quelques séries sur le volapük:

memrise

Bon, tous sont en anglais. On travaille donc son anglais et son volapük en même temps… L’inconvénient dans l’affaire c’est que, par exemple pour les animaux en volapük, il est probable que nombre des Yes I speak english parmi nous n’auront jamais rencontré la moitié des mots demandés. Oui, il y a le mâle, la femelle, les petits, et croyez-moi, l’anglais est aussi riche que le français sur ces questions-là. Donc c’est comme pour les offres d’emploi : Excellente maîtrise de l’anglais exigée.

Le Basic Volapük a l’air bien appétissant pour commencer mais il est truffé d’erreurs. On en vient à entrer exprès les mauvaises réponses que l’on sait attendues juste pour contenter le programme. Pas vraiment recommandable. Par ailleurs, il reprend les phrases d’un cours de grammaire : Autant le principe de Memrise est idéal pour le vocabulaire autant pour la grammaire, j’ai mes réserves.

J’ai par contre pris beaucoup de plaisir avec le Volapük Vocabulary. Il a le défaut de penser qu’il constitue un cours de ladino en anglais, mais il propose une liste de prépositions tout à fait conséquente, ce qui aide beaucoup le novice comme moi, car l’étymologie des prépositions du volapük se laissent difficilement deviner.

Le Volapük Vifik n’est pas mal non plus, et sait parfaitement qu’il est un cours de volapük. Sans doute le meilleurs cours disponible sur Memrise. Cela dit, il est lui aussi constitué autour d’un cours de grammaire, et il arrive qu’il demande à l’utilisateur de restituer des phrases entières dont le vocabulaire ne sera donné que dans une leçon ultérieure.

Je n’ai pas essayé les autres, qui portent sur des domaines plus restreints.

Idée pour la suite : Mettre sur Memrise les exercices en français ou en espéranto que j’aurais aimé y trouver!

Glidis !

Les sept merveilles du monde – volamilags vel

volamilagsVel

La Volapükatid de Colling reproduit l’extrait ci-dessus, tiré de la Volapükabled. Comme le texte m’a coûté quelques efforts à déchiffrer j’ai pensé utile de l’expliciter.

Vol: le monde, milag: le miracle, ici la merveille, et comme vola est un génitif, et que milags porte un s du pluriel: les merveilles du monde. Les nombres sont comme des adjectifs et viennent en général après le mot qu’ils complètent; ici vel: sept, donc: Les sept merveilles du monde. Voilà pour le titre. Le chapeau maintenant.

Al milagis vola bäledik numon atis vel

Al est la préposition qui souvent, introduit ce qu’on mettrait au datif. Souvent al:au, en français. Ici, la construction est al+accusatif de mouvement, donc: à mettre parmi, ou quelque chose de ce genre. Milagis vola, ont été vus plus haut. Le mot suivant est bäledik, je sais, on ne reconnaît pas bien les lettres à tréma sur la photo, parce que Colling n’utilise pas les ä, ö, ü normales mais les lettres spéciales inventées par Schleyer. Ça veut dire: ancien, antique. Ici, cet adjectif (-ik) complète vola, du monde. Donc: du monde antique. Numon: L’infinitif est numön, le verbe est ici à la 3ème personne, et je pense qu’il faut comprendre en l’espèce: on dénombre. Le volapük rénové aurait mis numoy pour rendre le on français. Atis: At+i+s, soit: ce démonstratif+accusatif+pluriel. Et vel=7 comme vu plus haut. En collant les bouts: à mettre parmi les merveilles du monde antique on dénombre ces sept. Ou en polissant un peu: On portera au nombre des merveilles de l’Antiquité les sept que voici. Et comme on porte quelque chose, les éléments de la liste sont à l’accusatif, avec un i pour chacun.

1. piris ägüpänik: Les pyramides (pir) égyptiennes (c’est un vrai adjectif, si l’auteur avait voulu dire d’Égypte il aurait mis Ägüpäna). Comme Ägüpän commence par une voyelle, ce nom a été régularisé par de Jong sous la forme: Lägüptän.

2. gadis lagöl Babülon’a: L’apostrophe bizarre est là je pense pour rendre clair le fait que le a de Babülon’a est un génitif, et que l’on n’a pas affaire à un nom propre Babülona. Gads: sont les jardins, comme l’anglais garden mais sans horrible r. Pour dire suspendus, participe du verbe suspendre, nous avons besoin de connaître la traduction de ce verbe. En anglais ou en allemand suspendre se dit to hang, ou hängen. Avec un fâcheux h initial, qui compte pour du beurre, ce qui nous donnerait un mot commençant par une voyelle, fâcheux aussi: On colle donc un l initial. Cela pourrait donner *langön. Mais le *ng ne fait pas partie de la liste de sons approuvés du volapük, alors on s’en débarrasse aussi en ne gardant que le g. Le verbe suspendre est lagön. Son participe est lagöl. Et pourquoi les jardins suspendus ne sont pas gads lagöls? Parce que le participe se comporte comme un adjectif, ici il suit immédiatement le substantif auquel il se rattache, il n’est donc pas nécessaire de répéter ni le cas ni le nombre. Gads lagöl suffit. Donc: Les jardins suspendus de Babylone.

3. Dianatemi in Efesus: Diana est le génitif de Dian, en français Diane ou Artémis, déesse de la chasse. Tem est le temple. On a donc le temple de Diane à Éphèse.

4. ködabakolümi Yupiter’a in Olümpia: köd est la sculpture, d’après Schleyer. Ce mot semble avoir davantage le sens de gravure, dans les dictionnaires plus récents. La sculpture au sens de statue, est magot, qui est une illustration (magod), au carré (terminant par –ot au lieu de –od). Pour ködab avec le –ab, je l’ai trouvé ici, dans le sens de statue, Standbild. Kolüm: Colonne. Donc ködabakolüm: La colonne de la statue. Yupiter’a: De Jupiter, in Olümpia: à Olympie. Savoir qu’un allemand comme Schleyer prononce le y comme un ü aide à deviner que certains ü du volapük sont des y en français.

5. mausoleumi in `Alikarnas: J’ai presque envie de ne rien dire sur celle-là tellement ça ressemble de manière si transparente au mausolée d’Halicarnasse. Mais je ne vais pas laisser filer l’occasion de prérorer au sujet du `. Sur mon clavier je met une apostrophe inverse, mais dans l’esprit de Schleyer, frotté de grec et de latin, il s’agit d’un spiritus asper, ou esprit rude pour les francophone grécisants, dont l’héroïque phalange se réduit comme peau de chagrin, malheureusement, ce qui m’oblige à expliquer ce dont il s’agit: C’est une expiration suffisemment forte pour que les Romains, lorsqu’ils se sont mis à emprunter des mots aux Grecs pour les mettre à leur sauce, se soient senti obligés de la représenter par un h. C’est même d’ailleurs tellement fort que pour les mots ayant une origine commune, on trouve souvent un s en latin. L’exemple canonique est SUPER=`YPER (qui a donné le préfixe hyper-). Inutile de dire que le spiritus asper de l’helléniste Schleyer a suivi le même chemin que son homologue grec, et que depuis la publication de la volapükatid(1887), mais bien avant la révision de M. de Jong (les années 1920-1930), ces fantaisies graphiques ont été remplacées par un h plus ordinaire.

6. gianaködabi de Rodos: Bon, ködab est maintenant connu comme étant statue. De Rodos, de Rhodes (Le volapük de Schleyer n’a pas poussé le vice à demander parfois un esprit rude sur les r; ici tout helléniste qui se respecte en mettrait un, même la langue de Molière met un h). Gian: Comme le français géant et comme l’anglais giant. Donc: la statue géante de Rhodes, ou, puisque c’est le terme consacré, le colosse de Rhodes.

7. Fari in Alexandria. Le phare d’Alexandrie, aucune difficulté. On relèvera que Schleyer n’a pas été aussi buté que Zamenhof. Il répète autant de fois que possible que “un son=une lettre”, mais pour le x, aucun remors à le laisser tel quel. Pourtant l’Antiquité savait déjà qu’il s’agit de deux sons groupés dans une consonne double (et pour la versification, par exemple, considérait logiquement la voyelle précédent le x ou le ksi comme une longue). Zamenhof aurait écrit sans hésiter: Aleksandria, non mais. Pas de x. Quand on a des principes on s’y tient. Mais non, je rigole, les principes sont faits pour être foulés aux pieds: L’espéranto a des ĉ et des ĝ qui sont des tch comme dans atchoum et des dj comme dans djinn.

Pas mal. On a glosé pendant deux trois pages sur un texte qui tiendrait sur une feuille de papier à cigarette. C’est que c’est profond le volapük.

Glidis!

Mon beau sapin

La chanson mon beau sapin est un chant traditionnel allemand.
Kanit O Firabim binon kanit vönaoloveik deutänik.

Toutes les strophes du texte le plus courant sont une louange du sapin.
Bagafs valik se vödem kösömikün binon fira lob.

Le texte moderne ne garde que la première strophe de l’original de Zarnack.
Vödem nulik kipon te bagafi balik se vödem rigik fa Zarnack.
O Tannenbaum auf Deutsch, Version von Zarnack.

En effet les strophes suivantes sont peu adaptées au kitsch de Noel.
Bi bagafs sökik no bespodons nejerikami kritidik.

Le chanteur y laisse voir ses souffrances après qu’une jeune fille l’ait quitté.
Kanitan bepükon us liedi oma söko vom yunik eklemof omi.

Il soupire sur l’inconstance de cette dernière,
Beseifom nefiedami ata,

et la compare à un rossignol:
e leigodom ofi lä galit:

Non pour sa belle voix, mais pour son absence à la mauvaise saison.
ne kodü vög jönik ofik, ab kodü nekomi ofik, in tim badik.

O firambim!

O firabim! O firabim! fir:sapin bim:arbre
Labol bledis fiedik: labön:avoir (tu as) bled:feuille fiedik:fidèle
Glünol no te in hitatim, glünön:verdir te:seulement hitatim:été
Id if flodos in nifatim. id:aussi if:lorsque flodön:geler nifatim:hiver
O firabim! O firabim!
Labol bledis fiedik.
O of-pulil! O of-pulil! pul:enfant ofpuli:jeune fille
Labol ladäli dobik! labön:avoir ladäl:sentiment dobik:faux
Eyulol fiedis in läb yulön:jurer fied:fidélité in läb:dans le bonheur
Lüvol obi nu in neläb lüvön:ici abandonner,déserter in neläb:dans le malheur
O of-pulil! O of-pulil!
Labol ladäli dobik!
Modü galit, modü galit modü:à la façon galit:rossignol (nachtigal)
Itasüko ebinol it:le même sükön:checher ebinol:tu fus
Öt te in hitatim blibom Öt:lui aussi te:seulement in:en hitatim:été blibön:rester
In flukatim mofö flitom In flukatim:en automne mofö:vite et loin flitön:voler
Modü galit, modü galit
Itasüko ebinol
Bluk in nebel, bluk in nebel bluk:ruisseau in:dans nebel:brouillard
Ola doba lik binom ola doba:de ta fausseté lik:comme/image binön:être
Flumom te if elömibos flumön:couler te:seulement if:lorsque lömibön:pleuvoir
Toni kikom, sun if sigos ton:ton,son kikön:fermer sun:bientôt sigön:faire sec
Bluk in nebel, bluk in nebel
Ola doba lik binom

Tradutod fa Anton Colling, se Volapükatid.

Gudapük toki pona

Tab dono at binon mögo balid e teik steifülot nüdugön eli “toki pona” (gudapük) medü volapük.

toki pona volapük français
a lintelek fäka interjection indicant une émotion
akesi klokod,snek,e.l.m. reptile,serpent,…
ala no non,négation
alasa yag,konlet chasse,collecte
ale val,valik tout,tous
anpa dis en bas,descendre
ante votik autre
anu u ou bien
awen blibön rester
e nüdug yega nemedik introduction du cod
en e, befä sets subsatik et – entre groupes nominaux.
ijo din chose,truc,machin
ike bad mal
ilo stum outil
insa in,ünü dedans
jaki jekik répugnant
jan ek quelqu’un
jelo yelovik jaune
jo labön avoir
kala fit poisson
kalama lenoid,kanit son,chant
kama kömön venir
kasi härbat glünik végétal sauf fruit ou légume
ken kanön pouvoir
kepeken gebön utiliser,se servir de
kili fluk,härbat,garid fruit, légume, champignon
kin cifükon vödi büik emphase sur le mot précédent
kipisi kötön couper
kiwen din solidik dur,solide,pierre
ko din nesolidik objet mou ou poudre
kon lut,smel air,odeur
kule köl,kölam couleur,peinture
kute dalilön écouter
kulupu grup,komotanef groupe,communeauté
la livikon stadi e seti cifik sépare le circonstanciel de la phrase principale
lape slip,slipön sommeil,dormir
laso blövik bleu
lawa kap,cif,löpo tête,chef,haut
len klot vêtement
lete kold froid
li värb büon indique que ce qui suit est un groupe verbal
lili smalik,nemödik petit,pas beaucoup
linja lun,fad long,corde
lipu papür feuille,papier,carton
loje redik rouge
lon in,binön in dans,être dans
luka nam,brad,lul main,bras,cinq
lukin logön regarder
lupa hog,söp,fenät trou,fossé,fenêtre
ma län pays
mama pal parent
mani mon argent
meli vom,vomik,ji- femme,féminin
mi ob je,moi
mije man,manik,hi- homme,masculin
moku fidön,zib manger,nourriture
moli deadön,deidön mourir,tuer
monsi bäk,pöd,po derrière
mu nima luvokäd cri d’un animal
mun mun (si, vod at paloenöl de volapüka!!) lune
musi cog,blesir,yofön s’amuser
mute mödik beaucoup
nanpa num,nüm nombre
nasa lienetik fou,incroyable
nasin veg chemin
nena lubel bosse
ni at celui-ci,ceci,ce,cette…
nimi nem nom
noka lög,fut jambe,pied…
o  o sert pour l’impératif et le vocatif
oko log oeil
olin löf amour
ona om,of,on il,elle,on
open primön,maifükön ouvrir,commencer
pakala mijenot accident,malheur
pali jaf,vob faire,travailler
palisa staf baton
pan bod céréale,pain
pana givön donner
pi ko,plu patöf sert pour ajouter un groupe de plusieurs mots au groupe courant
pilin tik,ladäl penser,sentir
pimeja blägik noir
pini fin finir,fin
pipi säkäd,musak,libelul,raänid insecte
poka sogön,hip accompagner,hanche
poki bok,üfü,nindian boite,tout contenant
pona gudik,balugik bien,simple,super
sama ot,sümik pareil
seli vam,hitik chaud
selo skin peau,emballage
seme säkavöd quoi,quel (questions)
sewi god ciel,dieu,en haut
sijelo kop,koap le corps
sike sirk cercle,cycle
sin nulik nouveau,à nouveau
sina ol toi
sinpin föfio,blöt devant
sitelen pen dessiner,écrire
sona suemön,sev,nol comprendre,savoir
soweli suganim mammifère
suli gretik important,grand
suno sol soleil
supa möb meuble (surface pour poser)
suwi swidik sucre,doux
tan de,rig de (origine)
taso ba,sod,te mais
tawa lü,golön vers,aller
telo vat,flumot eau,liquide
tenpo tim temps
toki pükön,spikön parole,langue,parler
tomo dom maison,construction
tu tel deux
unpa gen,kosäd genik sexe
uta mud bouche
utala krig guerre,dispute
walo vietik blanc
wan bal un
waso böd,gokul oiseau,poulet
wawa näm,nämed,nämäd force,puissance,intensité
weka moükön absent,enlever
wile vilön vouloir

Vöds ats kanons pagebön zeilo bumön setis.

No binos mayud:
mi wile: Vilob.

Mayuds pagebons plo nems foginiks:
jan Schleyer:el Schleyer

Vöd e nüdugon kimifali:
sina wile e telo:Vilol vati.

Värb ko nek kil labons li:
ona li wile:Vilon(-m,-f).

Subsatabid po yufavärbs binons sen e:
sina wile telo:Vilol dlinön.

Si/No säkön:
sina wile ala wile telo:Vilolli dlinön?

No set:
ona li wile ala telo:No vilon dlinön.

mute sinifon plunumi:
mi mute li toki e toki pona:Spikobs Gudapüki

ladyeks binon po cifavöd:
telo wawa:vat nämik

pi dalon konsiadön grupis ladyekik:
telo wawa pi weka lepa:kaf

Büdabid labon o:
sina o telo:dlinolös!

Värbs no labons o-,ä-,e- timis. Se nidos, givos timi ko la:
tenpo weka la, sina wile telo:ädelo, ävilol dlinön.

I la yufon konsiadön setis kompligikum:
suno li seli la, sina wile e telo lete e moku lete: ven sol hiton, vilol dlinön vati koldik e fidi koldik.

Stopobös is, dat pad at lemänonös cifo po volapük. Divob Gudapüki—e sperob das i ols divolsös Gudapüki—ab divob Volapüki mödikum!

[Rebonds]

I logolsös: discussion en toki pona sur le volapük!

 

*Valik menas labons leig e lib in dinits e dets

Plusieurs sites web donnent comme version Vp de l’article premier de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme le texte suivant:

Valik menas labons leig e lib in dinits e dets. Givons lisäls e konsiens e mutons dunön okes in flenüg tikäl.

Soumettons cela à une petite analyse lexico-grammaticale.

*Valik menas labons leig e lib in dinits e dets.
Valik:tous, comme adjectif. Non décliné (pas de a,e,i final), donc un nominatif. Sans doute y a-t-il un sujet au nominatif un peu plus loin dans la phrase.
menas:Construit sur men(Alld. Mensch), l’homme(en tant qu’être humain). Ici avec un a génitif, et le s du pluriel:On parle du ou de la xxx des hommes.
labons:ils-ou-elles ont. Appelle un accusatif: ils ont quelque chose.
leig:l’égalité. Au nominatif. Sans doute le valik du début se rapport à leig.
e:et
lib:la liberté. Au nominatif aussi.
in:en,dans,à.
dinits:rang, dignité. Au pluriel. Au nominatif, mais bon, on est juste après la préposition in et les prépositions du Vp nulik commandent un nominatif: Le point de vue des non-germanophones sur cette question a fini par prévaloir.
e:et.
dets:droite,droit,qui est à droite. Au pluriel (s) et nominatif, donc dépendant du in. Mais droite!?? Je pense que trop de langues entretiennent la confusion entre la droite et le droit. Admettons que le traducteur se soit trompé et prensait au droit:git (au sens de c’est mon droit, pas au sens de la science juridique, qui serait gitav).

Bon, nous avons tous les mots de la première phrase.
Nous avons un sujet(nominatif non régi par une prépostion): Tous l’égalité et la liberté. Ou peut-être toute la liberté et toute l’égalité.je pense que le Vp autorise ce genre de “factorisation”.
Nous avons un verbe: ont, conjugué à la 3ème p. du pluriel, ce qui correspond au sujet identifié plus haut.
Mais le verbe avoir est transitif. Il demande un objet. On a quelque chose. Ici le quelque chose manque, si l’objet était présent on aurait un accusatif en i. On le cherche vainement. En principe, en français comme en Vp, on n’a pas tout court. Quoique, on peut imaginer un usage du style: on a ou on n’a pas. Donc attendons.
Il nous reste encore à caser le des hommes, ainsi que le complément in dinits e dets.

Je comprends la phrase comme:

*En dignités et en droits, toute l’égalité et toute la liberté des hommes ont.

Mouais. Pas terrible. Les mots sont du Volapük, mais la phrase, pas trop.
La deuxième phrase ne peut qu’être plus lisible. Voyons:

*Givons lisäls e konsiens e mutons dunön okes in flenüg tikäl.
givons:ils-ou-elles donnent.
lisäls:la raison,mais au pluriel. Nominatif.
konsiens:la conscience,mais au pluriel. Nominatif.
mutons:ils-ou-elles doivent
dünön:servir
okes:ok est le pronom réflexif (Comme en français: se). Ici au datif (e) pluriel (s): À eux-mêmes?
flenüg:amitié, sur flen(ang. Friend).
tikäl:esprit, sur tik:pensée (ang. Think?).

Tentons de recoller les morceaux:
sujet? les raisons et les consciences.
verbe? donnent, ainsi que doivent servir.
On a ici sans doute deux sous-phrases liées par un e.
(1) givons lisäls e konsiens: les raisons et les consciences donnent
e
(2) mutons dünön okes in flenüg tikäl: il doivent se servir (eux-mêmes) en amitié esprit.

À nouveau, ca ne passe pas:

*Les raisons et les consciences donnent et il doivent se servir en amitié esprit.

La phrase recopiée par une dizaine de blogueurs (voire peut-être aussi quelque professionnels du journalisme) et que l’on fait passer pour du Volapük est un bricolage hasardeux. L’auteur initial est d’ailleurs moins à blâmer que les perroquets qui ont tout repris sans rien vérifier, et qui ont l’outrecuidance ensuite, de marquer Volapük à côté de ce charabia. Pas étonnant après ça que les espérantistes et les danois disent Volapük là où les francais disent chinois (C’est du chinois!).

Bons, tentons de remettre de l’ordre en utilisant les mots donnés, mais en revoyant la grammaire.

MENOD:CORRECTION .

*Valik menas labons leig e lib in dinits e dets.
Tous les hommes sont libres et égaux en dignité et en droit?
Mens valik binons libs e leigs in dinits e gits.
Mens:Au nominatif. Pas de a!
valik:En général on met l’adjectif immédiatement après le nom qu’il complète. Et nous autres francophones évitons au passage la nécessité de décliner!
binons:Sont
libs e leigs:libres et égaux
in dinits e gits:en dignités et en droits.
Si on insiste pour dire: ont la liberté et la dignité, alors il faut un accusatif en i à la fin des choses que les hommes ont:
Mens valik labons libi e leigi in dinits e dets.

* Givons lisäls e konsiens e mutons dünön okes in flenüg tikäl.
Ils sont doté de raison et de conscience et doivent se servir les uns les autres dans un esprit d’amitié?
Labons lisäli e konsieni e mutons dünön oles in tikäl flenüga.
Labons:Ils-ou-elles ont.
lisäli e konsieni:la raison et la consience, mais comme objet de ils ont, donc avec un i indiquant l’accusatif.
e mutons dünön: et il doivent (se) servir
olis:dans un texte plein d’idéal sur le genre humain, le pronom réciproque ol est certainement plus adapté que le pronom égoiste ok (okik: égoiste!): Les uns les autres plutôt que à eux mêmes. Ah, on sert quelqu’un ici, pas à quelqu’un, je préfère l’accusatif au datif. Mais on peut admettre le datif oles aussi, dans ce cas ils serviraient les uns aux autres.
in tikäl flenüga: dans un esprit d’amitié plutôt que *in tikäl flenüg:*dans un esprit-amitié.

Ces deux phrases étant rétablie dans un état qu’on espère meilleur que l’original, il me tient à coeur d’exprimer toutes ma gratitude au traducteur pour son effort louable, et de lui présenter toutes mes excuses pour cette exposition laborieuse des menus défauts qui alourdissait son œuvre. Qu’il ne prenne pas offense de mes longueurs, mon objectif n’était pas de l’accabler de critiques ni de le tourner en ridicule, mais de proposer au lecteur une petite explication grammaticale du Volapük, un peu différente de celles que nous ont laissées les pères du Vp, et qui supposent du lecteur une connaissance préalable du grec et du latin!

En espérant avoir atteint cet objectif et avoir été utile à quelqu’un dans son apprentissage du Volapük:

Glidis!

PS:
Il n’est pas exclu que la traduction défectueuse présentée comme vp soit en fait une traduction tout-à-fait correcte dans l’une des langues dérivées du vp. Je reconnais humblement n’avoir pas fait mon travail de recherche sur cette question subsidiaire.

PPS:
Les linguistes marquent d’une astérisque les formes fautives lorsqu’ils veulent faire le constraste avec les formes grammaticalement correctes. Donc si mes lecteurs se demande pourquoi cet article est parsemé de petites étoiles: C’est juste que je m’la pète et je fais semblant d’être un pro.

Bon appétit

Pötiti gudik!

Pötit= Appétit, c’est transparent pour les francophones, non? Ici avec le i de l’accusatif, parce que, paraît-il, on sous-entend un je vous souhaite, dont pötiti est l’objet direct.

Gudik: Bon, comme good en anglais et gut en allemand. On peut rappeler aussi que la déclinaison de l’adjectif apposé immédiatement (pas de mots intercalaires!) après (il peut être apposé immédiatement avant aussi, mais cela ne compte pas pour ce que nous avons à dire) le nom qu’il décrit est  facultative. Ce qui veut dire que si on insiste pour décliner même dans cette situation, les experts de la grammaire y trouveront à redire.

Bien manger, avant de parler des ingrédients et de tous les miracles de la cuisine, cela commence par une table dressée proprement et le couvert mis où il faut. Voici le vocabulaire de base regardant cette question:

fidön

Ah, et pour accompagner le bon repas, il convient de lever le verre: À votre santé, sanö!

En parcourant le Volapük Reader page 6

In konlet tiämü: Esperanto se Bukem Nütik Lösteräna, tuvoy:
Dans la collection intitulée Esperanto de la Bibliothèque Nationale d’Autriche on trouve:

Mitchell, Frederic W.  A Volapük reader. – Boston, Mass. 1891

Emaipadükob buki at, pade: 6 e palanob fa at.
J’ai ouvert ce livre à la page 6 et m’en suis inspiré.

Dins valik kels nidons no binons golüdik.
Tout ce qui brille n’est pas or.
Dins=Dinge en allemand, things en anglais: les choses.
Val est la racine pour tout (all/alle en anglais/allemand). Valik=tous.
kels nidons: Qui (pluriel) brillent.
Golüdik: On reconnait Gold.
Krüt binon nefikulik ab lekan binon fikulik.
La critique (krüt) est facile mais l’art (lekan) est difficile(fikulik).
Kan (=can en anglais): pouvoir. Le– est un augmentatif: le super-pouvoir c’est l’art!
Fikulik: Difficile, nefikulik: le contraire de fikulik: facile!

Kisi maloy seilön?
Pourquoi y a-t-il écrit “silence”?
Malos: Mal rappelle l’allemand malen, peindre/dessiner. –oy indique le sujet on.
Seilön: se taire.
Littéralement: Pourquoi on écrit se taire.

Seilön binon gepükön ute kel pükon sen lisäl.
se taire est répondre à celui qui parle sans raison.
Ute est ut, celui, et finit ici avec un e, marque du datif. Donc: à celui.
Kel: qui.

Alim vilon vedön bäledik, ab nek vilon binön bäledik.
Tout le monde veut devenir vieux mais personne ne veut être vieux.
Alim: Tout le monde
vilön: vouloir, ici sans les deux points, vilon: veut.
vedön: devenir, comme en allemand: werden
bäledik: vieux.
ab: mais
nek: personne
binön: être (comme en allemand: ich bin).

Pük kiom binon nefikulikün?
Quelle est la langue la plus facile?
Pük: Comme en anglais speak. La langue. Comme dans Volapük, la langue du monde(vol=anglais world).
Kiom: Laquelle.
Binon: est.
Nefikulikün: On part de fikulik, difficile. On prend son contraire, nefikulik. On ajoute le suffixe –ün du superlatif: nefikulikün, la plus facile.
Sur ce blog les réponses autres que le Volapük ne sont pas acceptées.

Volapük binon-li nefikulikum ka Sperantapük?
Le volapük est-il plus facile que l’Espéranto?
Nefikulikum: on a pris le même adjectif nefikulik, facile, mais on a ajouté le suffixe –um du comparatif: nefikulikum, plus facile
Ka: que, lorsqu’on fait une comparaison. Plus facile que.
Sur ce blog les réponses autres que lesi! ne sont pas acceptées.

Glidis!

 

 

Le Volapük, combien de formes verbales?

On dit que le volapük a plus de cinquante mille formes verbales.
Sagoy das volapük labon mödikum ka luldegmil värbafomis.

Examinons cela! Xamolsöd  ati!

Notre référence (consultable ce jour, sans garantie pour la suite)
Jon obas (kontolöla adelo, no labos garani  fovo)
(en Espéranto) Enkonduko al Volapuko de Ed.Robertson
(Sperantapüko) Ninduk Volapuka fa Ed.Robertson

http://mi.anihost.ru/Volapuk/Esperant/robert.htm

donne même le chiffre de cinq cent mille.
givon sägö mödi: lultummil.

Le verbe en volapük a =8= temps:
(1) présent,   marqué par -a- (ou le plus souvent rien du tout)
(2) imparfait, marqué par -ä-
(3) parfait,   marqué par -e-
(4) futur,     marqué par -o-
(5) futur parfait,  ” par -u-
(6) plus-que-parfait,”par -i-
(7) futur antérieur, “par -ö- ainsi que
(8) futur antérieur parfait, marqué par -ü-.

Il a la possibilité de constuire un passif en préfixant -p-. =2= possibilités.

On peut marquer un aoriste en utilisant -i-. =2= possibilités.

On peut utiliser la syllabe -li- pour l’interrogatif. =2= possibilités.

L’impossibilité est indiquée par le subjonctif -la-. =2= possibilités.

Il y a =5= modes:
(1) indicatif
(2) conditionel marqué par -öv-
(3) optatif (impératif du souhait) marqué par -ös-
(4) impératif normal, marqué par -öd- ainsi qu’un
(5) jussif (impératif impérativement impérieux: Ou je l’imprime sur ta face!).

Et maintenant les pronoms. J’en compte =15= qui puissent être collés au verbe pour le conjuguer:

                   singulier             pluriel
1-ère personne     (1)     ob            (2)     obs
2-ème personne     (3,4,5) ol, or, og    (6,7,8) ols, ors, ogs
3-ème personne
    "  masculine   (9)     om            (10)    oms
    "  féminine    (11)    of            (12)    ofs
    "  neutre      (13)    on            (14)    ons
    "  syntaxique  (15)    os

On a enfin les infixes -ik- et -ük- permetant de changer la transitivité des
verbes (=3= possibilités).

Cela nous fait jusqu’à présent:

[temps]x[passif]x[aoriste]x[li]x[la]x[mode]x[pronom]x[transitivité]
=      8  x  2  x  2  x  2  x  2  x  5  x  15  x  3
= 28800.

Il convient d’ajouter les participes (ils se terminent on -öl-) et se comportent
comme des adjectifs (ils se déclinent en =4= cas et =2= nombres).
On peut laisser tomber l’interrogatif et le subjonctif et ne reternir des modes
que les non-impératifs; les pronons ne jouent pas non plus:

[temps]x[passif]x[aoriste]x[mode]x[transitivité]x[cas]x[nombre]
=      8  x  2  x  2  x  2  x  3  x  4  x  2
= 1536.

On ne doit pas non plus oublier l’infinitif qui, certainement, peut garder les
temps, ainsi que les marques du passif et de l’aoriste. La transitivité reste:

[temps]x[passif]x[aoriste]x[transitivité]
=      8  x  2  x  2  x  3
= 96.

Cela nous donne un grand total de 30432 formes verbales. Je ne veux pas exclure d’avoir oublié l’une ou l’autre dimension qui multiplierait encore ce nombre: Je suis un débutant en matière de Volapük et peut-être devrai-je revisiter ce billet à l’avenir!

Glidis!

 

Glidis

est le mot pour se saluer en Vp.

Glid rappelle l’anglais to great et l’allemand grüssen. C’est la racine du mot glidis. Le i et le s de la fin sont respectivement demandés par la grammaire et recommandés par l’excès de salutations disponibles:

  • Un i pour l’accusatif (l’Espéranto fait pareil et met aussi le n de l’accusatif à saluton). Il paraît que c’est parce “salutations” tout seul est là parce qu’il y a implicitemnt une phrase complete du genre “revevez mes salutations” ou “je vous adresse mes salutations” dans la tête du locuteur, mais qu’il est tellement fainéant qu’il n’arrive á baragouiner que “salutations”. La qualité d’objet direct du mot salutations n’est pas perdue avec “je vous adresse mes”, il convient donc d’en marquer l’accusatif avec un i.

Et

  • un s parce que j’envoie plusieurs salutations à la cantonnade et pas qu’une seule. Les volapükistes sont riches en salutations. Et pauvres en amis volapükistes à saluer, malheureusement.

Voilà, on sait saluer (glidön) en Vp. On peut saluer de la même manière pour se quitter.

Glidis!